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Investir dans la biodiversité : Wall Street peut-elle sauver la jungle ?

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L’environnement et la durabilité sont de vastes thèmes qui nous invitent régulièrement à tourner notre attention vers d’autres sujets. Par exemple, les pluies acides, le trou dans la couche d’ozone et les déchets nucléaires dominaient les gros titres il y a plusieurs années. Aujourd’hui, des aspects comme le changement climatique, les émissions de gaz à effet de serre et les sources d’énergie alternatives monopolisent la discussion.

Ce que ces « nouveaux » sujets ont en commun ? Des produits d’investissement spécifiques les prennent pour fils conducteurs. Pensez notamment aux fonds de placement axés sur l’utilisation intelligente de l’eau, les énergies renouvelables ou encore une production alimentaire durable. Ces dernières années, nous connaissons aussi des fonds « à faibles émissions » ou « alignés sur l’Accord de Paris ». Dernièrement, des produits axés sur la biodiversité ont rejoint l’offre. Des dizaines d’acteurs financiers ont lancé des fonds ou des trackers sur ce thème. Et les investisseurs semblent enthousiastes : rien qu’en 2022, ils y ont injecté trois fois plus de liquidités que l’année précédente. Fin 2022, le compteur affichait ainsi 984 millions USD d’actifs investis. Mais malgré la croissance spectaculaire de ce type de produits, en chiffres absolus, il ne s’agit bien sûr encore que d’une goutte d’eau dans l’océan.

Biodiversité = économie

Le sommet des Nations unies à Montréal (décembre 2022) a été un grand déclencheur de l’intérêt des investisseurs pour la biodiversité. Lors de ce sommet, près de 200 pays ont convenu qu’en 2030, 30 % des zones terrestres et maritimes de la planète devraient être protégées. Actuellement, il s’agit de respectivement 15,8 % et 8,2 %. Les nations se sont également mises d’accord sur le fait que d’ici à 2050, le risque d’extinction des espèces due à l’homme devait être dix fois plus faible qu’aujourd’hui. En résumé, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal est l’équivalent de l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique. Pour atteindre les objectifs fixés, des efforts seront nécessaires, non seulement de la part des pouvoirs publics et des citoyens, mais bien sûr aussi des entreprises et de l’économie dans son ensemble. En effet, une grande partie de notre économie dépend des écosystèmes et de leur biodiversité. Les océans regorgent de ressources précieuses pour l’industrie pharmaceutique, les supermarchés seraient moitié moins remplis sans les abeilles, l’industrie de la pêche péricliterait sans les mangroves… etc.

La recherche d’un double rendement

Pour mettre fin au déclin de la biodiversité, il est donc urgent de changer certaines pratiques. Et c’est là que le secteur financier entre en jeu, car qui dit changement dit investissement. Et qui dit investissement dit opportunités : c’est la logique sous-jacente à la nouvelle mouture de produits de placement qui misent sur la biodiversité.

Outre le rendement financier, ces produits visent à obtenir un rendement climatique et social d’une manière ou d’une autre, par exemple en réduisant un impact négatif et/ou en augmentant un impact positif. Si chaque gestionnaire a sa propre stratégie, la plupart des fonds investissent dans des sociétés qui tentent de réduire leur impact négatif sur la biodiversité ou qui tirent une partie de leurs revenus de produits qui contribuent à enrichir la biodiversité. Ils peuvent aussi combiner plusieurs (autres) stratégies, comme l’exclusion d’entreprises qui nuisent aux écosystèmes, ou encore la sélection spécifique d’entreprises qui soutiennent les Objectifs de développement durable des Nations unies ou qui contribuent aux objectifs en matière de biodiversité de la Taxinomie de l’UE.

La quête d’une mesure universelle

Comme ce thème d’investissement n’en est qu’à ses balbutiements, il n’y a pas de consensus sur la manière de mesurer la biodiversité. En effet, il n’y a pas beaucoup de données concrètes en la matière qui permettent une sélection objective de titres. Alors que le changement climatique a les émissions de carbone comme « unité de mesure », la biodiversité est un sujet plus large et plus complexe. Les institutions financières qui souhaitent calculer les risques pour la biodiversité utilisent actuellement tout un panel de méthodes et d’indices pour essayer de mesurer l’impact des entreprises sur les écosystèmes : ENCORE, CBF, BFFI, GRI, SBT, TNFD… À défaut de retenir tous ces acronymes, retenez ceci : ces outils sont loin d’être parfaits, pour la simple raison que les biotopes sont très complexes et que l’impact des entreprises est difficile à quantifier.

Lorsqu’on regarde sous le capot des fonds de placement et trackers sur le thème de la biodiversité, que constate-t-on ? Il existe une variabilité importante au niveau de l’approche. Ces produits reprennent beaucoup de titres évidents, mais aussi de moins évidents. Ils comportent par exemple des entreprises qui développent des produits et des services visant à rendre l’agriculture plus durable, faire de l’aquaculture écologique, etc. D’un autre côté, l’on y trouve aussi des noms plus surprenants, comme le géant laitier Danone et le géant cosmétique L’Oréal (qui s’engagent à réduire leur impact négatif sur la biodiversité), ou encore le fabricant de pneus Michelin et le producteur d’alcool Pernod Ricard (dont les activités ont peu d’impact sur la biodiversité).

Bon sens ou non-sens ?

Selon l’Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES), environ un million d’espèces sont menacées d’extinction, dont bon nombre sur un horizon temporel de quelques décennies. En 2018, selon l’Indice Planète Vivante du WWF, la population de 5 230 animaux sauvages représentatifs avait déjà diminué en moyenne de 69 % par rapport à 1970. Le secteur financier aussi a pris note de ces défis et souhaite sensibiliser les investisseurs, à la fois à la problématique et au rendement potentiel, en leur proposant de nouveaux produits.

Si vous êtes un investisseur soucieux de l’environnement et de la durabilité, vous avez peut-être déjà un produit de placement responsable dans votre portefeuille. Il peut être axé sur les énergies renouvelables, la mobilité verte ou encore l’agriculture durable. Bien que la biodiversité soit incontestablement aussi un thème important, la question est de savoir dans quelle mesure il se prête à une allocation efficace de vos fonds. Il est recommandé d’analyser l’impact potentiel de ce type de placements de manière réaliste. Comme pour beaucoup d’autres approches thématiques, il ne suffit pas de se baser sur le nom du fonds ou du tracker. Examinez la stratégie et la composition du produit d’un œil critique et ayez conscience du fait que cet univers d’investissement est fortement délimité par des critères non financiers, ce qui peut limiter la diversification, vous faire manquer des opportunités et entraîner une volatilité accrue.

Mais l’investissement dans la biodiversité est aussi une source de gains potentiels. Tout d’abord, la problématique fait l’objet d’une attention croissante de la part des pouvoirs publics, ce qui des possibilités pour les entreprises qui apportent des solutions à cet égard. Ensuite, la conscience sociale croissante de l’importance de ce thème peut donner un avantage concurrentiel aux entreprises qui mettent clairement l’accent sur la biodiversité. Enfin, cette thématique vous offre la possibilité de réaliser un rendement social tout en investissant. Investir dans la biodiversité est donc une opportunité de concilier plusieurs objectifs différents, à condition de conserver un regard critique.

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