9 bonnes raisons de diversifier vos placements
Keytrade Bank
keytradebank.be
07 septembre 2026
3 minutes à lire
Un fabricant de cigarettes, un exploitant de carrières et une entreprise ferroviaire : tel est le trio de tête des meilleurs investissements de ces cent dernières années. Auriez-vous su les repérer ? Probablement pas, et c’est précisément là tout l’enjeu. Neuf raisons de diversifier largement.
Le professeur Hendrik Bessembinder de l’Arizona State University a étudié les performances de l’ensemble des 29 754 actions cotées sur les bourses américaines entre 1926 et 2025 (source). Ses conclusions sont édifiantes pour ceux qui pensent que le choix des actions n’est qu’une question de recherche. Et elles constituent immédiatement les arguments les plus convaincants pour la diversification.
1. Les chances de trouver le grand gagnant sont négligeables
Aujourd’hui, environ 5 000 actions sont cotées sur les bourses américaines. Quiconque choisit au hasard une action américaine a donc environ 0,02 % de chances de tomber sur celle qui affichera la meilleure performance au cours du siècle à venir. Et même ce chiffre donne une vision trop favorable de la réalité : l’action qui affichera les meilleures performances au cours des cent prochaines années n’existe peut-être même pas encore. L’étude révèle en outre que seules 46 entreprises ont généré la moitié de tous les gains boursiers nets du siècle écoulé, soit environ 91 000 milliards de dollars au total. L’ensemble de la richesse créée provenait de moins de 4 % des actions (source). Le reste ? Elles n’ont finalement rien rapporté ou ont perdu de la valeur.
2. L’action typique est perdante
Plus frappant encore : le rendement médian de ces près de 30 000 actions a été négatif sur toute leur durée de vie boursière : -6,9 %. Près de six actions sur dix ont sous-performé les bons du Trésor américain à court terme, soit l’investissement le plus ennuyeux imaginable (source). La bourse dans son ensemble a donc créé une énorme richesse, mais pas l’action individuelle moyenne. Si vous choisissez une poignée d’actions, vous avez statistiquement plus de chances de détenir des valeurs perdantes que des valeurs gagnantes.
3. Il est impossible d’identifier les gagnants à l’avance
Une entreprise dont les produits nuisent à la santé des consommateurs et qui n’a pas le droit de faire de publicité : à première vue, cela ne semble pas être le meilleur investissement des cent dernières années. Pourtant, un dollar investi en 1926 dans le fabricant de cigarettes Philip Morris (aujourd’hui Altria) aurait atteint quelque 4,4 millions de dollars fin 2025, grâce au réinvestissement des dividendes. Le numéro deux était Vulcan Materials, un exploitant de carrières. Le numéro trois, une entreprise ferroviaire (source). Bref, il y a un monde de différence entre désigner les gagnants par la suite et les identifier à l’avance.
4. Ceux qui diversifient largement détiennent forcément aussi les valeurs gagnantes
Le revers rassurant de toute cette avalanche de chiffres, c’est qu’il n’est pas nécessaire de trouver l’aiguille : il suffit d’acheter toute la botte de foin. Quiconque investit via un fonds indiciel large ou un tracker a la certitude que les futures actions vedettes se trouvent dans son portefeuille, même si elles y côtoient toutes les perdantes. Mais les mathématiques de la bourse jouent en votre faveur : une action peut perdre au maximum 100 %, tandis que la valeur d’une action gagnante peut être multipliée par mille, voire davantage. Quelques valeurs aux performances exceptionnelles suffisent pour compenser largement tout le reste. En d’autres termes, le secret pour posséder l’action gagnante, c’est aussi de posséder toutes les perdantes.
5. La diversification amortit les fluctuations
Ce n’est pas pour rien que la diversification est considérée comme le seul avantage gratuit en matière d’investissement. Les placements dont les évolutions ne sont pas parfaitement synchronisées atténuent mutuellement leurs fluctuations extrêmes. Cela réduit la volatilité de votre portefeuille global. Ce n’est pas un détail : un portefeuille qui recule moins fortement doit ensuite grimper moins fort pour se redresser. Celui qui perd 20 % a besoin de 25 % de gains pour revenir à zéro. Celui qui perd 50 % doit doubler. Attention : cet avantage gratuit s’applique surtout dans une même classe d’actifs. Passer de cent à mille actions réduit normalement votre risque sans perdre en rendement. En revanche, si vous ajoutez des obligations, cette stabilité supplémentaire se paie bel et bien par une diminution du rendement à long terme.
6. Vous vous protégez contre l’inattendu
Un produit défaillant, une technologie qui rend un secteur entier superflu, une guerre commerciale qui frappe un seul pays : des entreprises, des secteurs et même des pays peuvent être affectés par des événements imprévisibles. Pensez aux investisseurs qui détiennent principalement des actions de leur propre employeur ou de leur propre pays : ils accumulent des risques qu’ils perçoivent à peine. La diversification entre classes d’actifs, entreprises, secteurs, thèmes et régions permet d’éviter qu’un seul placement malheureux n’entraîne l’ensemble de votre patrimoine dans sa chute.
7. Un indice peut également devenir trop concentré
Si vous achetez un tracker sur un indice connu, vous vous sentez automatiquement bien diversifié. Cela mérite néanmoins un regard critique. Dans le S&P 500 américain, les dix plus grandes entreprises représentent aujourd’hui environ 40 % de l’ensemble de l’indice, soit environ un doublement en dix ans et plus que lors du pic de la bulle Internet (source). Sur 100 euros dans un tel fonds indiciel, près de 40 euros sont donc investis dans seulement dix entreprises, qui s’appuient en outre fortement sur le même thème. C’est pourquoi ceux qui veulent réellement diversifier se tournent également vers des indices mondiaux plus larges et d’autres régions.
8. Différents investissements résistent à différentes tempêtes
La diversification va au-delà de la détention de nombreuses actions différentes. Actions, obligations, immobilier, matières premières, crypto : chaque classe d’actifs réagit différemment à l’inflation, aux fluctuations des taux ou aux récessions. Les obligations de qualité résistent généralement mieux lorsque les actions baissent ; l’or agit souvent comme un amortisseur en cas de tension géopolitique. Aucune classe d’actifs n’est performante dans toutes les conjonctures de marché, mais ensemble, elles forment un portefeuille plus résilient que chaque composant séparément.
9. La diversification vous protège contre vous-même
La dernière raison est peut-être la plus importante : un portefeuille diversifié est plus facile à conserver. Celui qui mise tout sur quelques actions a les yeux rivés sur son écran à chaque baisse des cours et est davantage tenté de vendre dans la panique, généralement au pire moment. Un portefeuille largement diversifié fluctue moins fortement, vous donne moins l’impression de parier et vous aide à rester investi dans les bons comme dans les mauvais moments. Et c’est précisément cette discipline qui détermine la majeure partie de votre rendement à long terme.
Un siècle d’histoire boursière enseigne donc surtout l’humilité : même les professionnels parviennent rarement à sélectionner à l’avance les rares gagnants. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas nécessaire non plus. La diversification n’a jamais été aussi simple et peu coûteuse qu’aujourd’hui, par exemple via des trackers sur des indices mondiaux.
Avant d’investir, consultez lescaractéristiques et risques principaux des instruments financiers.
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