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Génomique : investir dans les fondements de la vie

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keytradebank.be

14 septembre 2026 

3 minutes à lire

Après l’intelligence artificielle, les investisseurs sont à la recherche du prochain scénario de croissance structurelle. La génomique, c’est-à-dire la lecture et la réécriture de notre code génétique, est de plus en plus souvent citée. Les possibilités sont énormes, et pas seulement dans le secteur de la santé. Y a-t-il déjà une opportunité à saisir ?

Il y a seulement vingt ans, faire analyser votre ADN coûtait des millions d’euros. Aujourd’hui, c’est possible en moins d’une journée, pour quelques centaines d’euros. Cette baisse spectaculaire des coûts a lancé toute une industrie. Des diagnostics oncologiques à la thérapie génique en passant par la médecine personnalisée : la possibilité de lire et de modifier le code génétique transforme fondamentalement les soins de santé.

Qu’est-ce au juste que la génomique ?

La génomique est l’étude du génome complet, à savoir, la totalité du matériel héréditaire (ADN) d’un organisme. Alors que la génétique classique se concentre sur des gènes individuels, la génomique présente une vue d’ensemble : comment tous ces gènes interagissent entre eux et avec leur environnement.

Cela peut sembler académique, mais les applications sont très concrètes :

  • Diagnostic : tests génétiques permettant de détecter des maladies congénitales, des risques héréditaires de cancer ou des maladies rares, parfois même par simple prélèvement sanguin.
  • Médecine personnalisée : adapter les traitements au profil génétique du patient. Cela change surtout la donne en oncologie, car des tumeurs peuvent être très différentes génétiquement parlant.
  • Thérapie génique et traitement génique : des technologies telles que CRISPR-Cas9 permettent de « réécrire » de manière ciblée les erreurs dans l’ADN. Un premier traitement CRISPR a entre-temps été approuvé.
  • Biologie synthétique : il ne s’agit pas seulement de lire l’ADN, mais aussi de le concevoir et de le construire, avec des applications pharmaceutiques, agricoles et industrielles.

Pourquoi le secteur attire-t-il les investisseurs ?

1. Coûts en baisse, marché en croissance

En deux décennies, le prix du séquençage d’un génome humain est passé d’astronomique à quasi-anecdotique. La cartographie du premier génome humain a coûté plus de 500 millions de dollars et duré 13 ans. Aujourd’hui, les fabricants font la publicité d’appareils capables de lire un génome complet pour environ 200 dollars (source).

Chaque baisse de prix ouvre de nouveaux marchés, car ce qui était auparavant réservé aux laboratoires de recherche peut à terme devenir une routine dans les hôpitaux. Selon les prévisions, le seul marché du traitement génique pourrait croître d’environ 13,5 milliards de dollars cette année à près de 48 milliards de dollars en 2034, soit une croissance annuelle moyenne de plus de 17 % (source). Attention : un marché en croissance rapide n’est pas une garantie de rendement boursier. Pour l’énergie solaire, les premiers temps de l’Internet et les voitures électriques, il s’est avéré par la suite que la technologie a effectivement percé, mais que de nombreux investisseurs n’ont pas réussi à tirer profit de la tendance.

2. L’intelligence artificielle comme accélérateur

La génomique produit d’énormes quantités de données – trop pour un traitement purement humain. L’IA et l’apprentissage automatique contribuent à interpréter cette masse d’informations génétiques, à reconnaître des schémas et à identifier plus rapidement des médicaments candidats. La pollinisation croisée entre l’IA et la génomique est l’un des sujets les plus en vogue dans le secteur de la biotechnologie. Ainsi, les chercheurs ont récemment utilisé un modèle d’IA pour concevoir des virus capables de tuer certaines bactéries résistantes aux antibiotiques (source). La promesse médicale est claire : de nouvelles armes contre les bactéries résistantes. Mais naturellement, la technologie soulève aussi des questions sur la sécurité et les abus.

3. Vieillissement et prévention

Nos sociétés vieillissent et les coûts des soins de santé augmentent. À mesure que les informations génétiques deviendront moins chères et plus accessibles, la médecine pourra mettre l’accent sur la prédiction et la prévention. Cependant, succès scientifique n’est pas toujours synonyme de succès commercial. Casgevy, un traitement contre la drépanocytose, en est un exemple. Fin 2023, il s’agissait de la première thérapie approuvée basée sur la technique génique CRISPR-Cas9.

La réalité commerciale est toutefois plus modeste. En 2026, trois ans après l’approbation, environ 500 patients dans le monde ont reçu ou entamé le traitement (source). Le problème ne réside pas dans l’efficacité, mais dans la nécessité de disposer de centres de traitement spécialisés et dans la difficulté à prélever des cellules souches chez le patient. Sans compter le prix : environ 2 millions de dollars par patient, où les assureurs et les pouvoirs publics doivent également intervenir (source).

Quels sont les acteurs du secteur ?

Le secteur de la génomique est plus varié qu’il n’y paraît à première vue. En gros, nous distinguons trois types d’entreprises :

  • Les « pelles et pioches » : les fabricants d’équipements de séquençage, de réactifs et de technologies de laboratoire. Pensez à des entreprises telles que Thermo Fisher Scientific, Illumina et Twist Bioscience.
  • Développeurs de thérapies : les entreprises biotechnologiques qui travaillent sur les thérapies géniques et l’édition génomique. C’est là que le potentiel haussier est le plus important, mais le risque aussi, car une étude clinique qui échoue peut faire chuter un cours. Pensez à des entreprises telles que CRISPR Therapeutics, Intellia Therapeutics et Beam Therapeutics.
  • Acteurs de données et de logiciels : les entreprises qui analysent, stockent et interprètent des données génétiques et aident à modéliser des protéines ou à concevoir des médicaments. Pensez à Tempus AI, Absci, Schrödinger, Recursion Pharmaceuticals et Sophia Genetics.

Les risques : pas un sprint, mais un marathon

Investir dans la génomique comporte des risques importants :

  • Volatilité élevée : de nombreuses entreprises de génomique sont (encore) déficitaires. Leur valorisation est tributaire de leurs succès futurs, ce qui engendre de fortes fluctuations des cours.
  • Risque binaire : pour les entreprises qui développent des thérapies, une étude décevante ou un refus d’agrément des autorités de réglementation peut faire perdre au cours plus de la moitié de sa valeur en un jour.
  • Sensibilité aux taux d’intérêt : les entreprises en croissance dont les bénéfices se situent loin dans le futur sont particulièrement sensibles à la hausse des taux d’intérêt.
  • Concurrence et litiges relatifs aux brevets : les technologies évoluent rapidement et les conflits juridiques en matière de propriété intellectuelle sont monnaie courante.
  • Incertitude éthique et réglementaire : l’édition génomique soulève des questions sociales et la réglementation peut ralentir la commercialisation. Le traitement de maladies héréditaires graves bénéficie d’un soutien social important, qui peut en revanche diminuer lorsque la technique vise à améliorer des caractéristiques humaines ou lorsque les changements génétiques sont transmis aux générations suivantes.
  • Remboursement : un test ou une thérapie n’est efficace sur le plan commercial qu’à partir du moment où les assureurs maladie et les pouvoirs publics voudront en garantir le financement.

Comment investir dans la génomique ?

Actions individuelles

Avec une étude en profondeur du marché, vous pouvez directement investir dans des entreprises de génomique cotées en bourse. Cela requiert toutefois une connaissance des pipelines cliniques, des produits et des services, du potentiel de croissance, des positions de trésorerie (« Pendant combien de mois cette entreprise pourra-t-elle encore tenir sans capital frais ? »), de la réglementation, etc. Pour la plupart des investisseurs particuliers, la probabilité de choisir l’entreprise gagnante est faible et le risque d’un coup dur est réel.

Trackers (ETF) et fonds

Pour jouer sur le thème sans mettre tous vos œufs dans le même panier, vous pouvez opter pour un tracker ou un fonds d’investissement qui a trait à la génomique, à la biotechnologie ou aux soins de santé au sens large. Vous répartissez ainsi le risque propre à l’entreprise sur des dizaines de positions. Mais attention aux aspects suivants :

  • La composition : certains trackers « genomics » contiennent surtout de petites entreprises spéculatives, tandis que d’autres s’appuient sur des géants pharmaceutiques établis.
  • Les frais : les trackers thématiques facturent généralement des frais courants plus élevés que les fonds indiciels mondiaux.
  • La devise : le secteur est fortement américain, vous courez donc souvent un risque lié au dollar.

Un satellite, pas un noyau

Pour la plupart des investisseurs, la génomique s’intégrera le mieux dans le portefeuille en tant que satellite : un pourcentage limité, qui s’ajoute à une base bien diversifiée. Vous pourrez ainsi profiter d’une percée du secteur, sans pour autant exposer l’ensemble de votre patrimoine à un revers de taille. Par ailleurs, des investissements échelonnés dans le temps (par exemple, des achats périodiques) pourront vous aider à tempérer la volatilité.

La génomique est l’un des thèmes à long terme les plus fascinants de la décennie : la science fait des progrès réels, les coûts diminuent, l’IA accélère la recherche et le vieillissement de la population crée une demande structurelle. Mais il y a loin de la promesse scientifique au gain boursier, et le chemin est semé d’embûches. Il est donc préférable d’investir dans la génomique avec un horizon long, une approche diversifiée et en y plaçant de l’argent dont vous pourrez vous passer pendant quelques années.

Avant d’investir, consultez les caractéristiques et risques principaux des instruments financiers.

Investir dans la génomique ?

Connectez-vous sur keytradebank.be ou ouvrez l’app et recherchez le nom de l’action, de l’ETF (terme de recherche « genomic ») ou du fonds dans lequel vous souhaitez investir.