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De l’excès d’épargne au déficit d’épargne !

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Keytrade Bank

keytradebank.be

23 septembre 2026 

3 minutes à lire

Au cours des deux dernières décennies, l’économie mondiale a connu un excès d’épargne. Cet excès d’épargne a entraîné une baisse continue des taux d’intérêt à long terme. Il y avait davantage de capitaux disponibles que de projets d’investissement. Aujourd’hui, la situation est différente. Les projets d’investissement sont beaucoup plus nombreux que les capitaux disponibles pour les financer. Pensons notamment à la vague massive d’investissements dans l’IA aux États-Unis ou aux investissements dans la défense et les infrastructures en Europe.

Puisque le taux d’intérêt représente le prix de l’argent, ce prix baisse lorsque les capitaux sont trop abondants et que relativement peu de projets d’investissement intéressants se présentent. C’est ce que nous avons observé après la crise financière de 2008 et la crise du Covid-19 de 2020. Dans les années qui ont suivi ces crises, l’économie mondiale a connu des difficultés. La croissance était faible et il n’était donc guère surprenant que les grandes entreprises soient peu enclines à investir. Conséquence : une demande limitée de capitaux pour financer les investissements.

Aujourd’hui, nous nous trouvons dans la situation inverse. Les projets d’investissement intéressants sont nombreux, tandis que les capitaux disponibles se font de plus en plus rares. En Belgique, par exemple, on investit davantage en actions que l’on n’épargne [voir lien]. La jeune génération, en particulier, choisit de plus en plus cette voie. Et la Belgique n’est pas un cas isolé. On observe une tendance similaire dans les autres pays occidentaux industrialisés.

À cela s’ajoute la situation budgétaire préoccupante des gouvernements occidentaux. Partout dans le monde, les déficits budgétaires et les ratios d’endettement augmentent. Les gouvernements sont donc eux aussi à la recherche de centaines de milliards de capitaux pour financer leurs déficits. Une demande supplémentaire de capitaux qui fait monter les taux d’intérêt, c’est-à-dire le prix de l’argent !

En bref, les centres de données, les nouvelles centrales électriques nécessaires pour les alimenter, les investissements dans la défense et les infrastructures, ainsi que les gouvernements qui doivent financer leurs déficits… tous se disputent l’épargne mondiale.

Cela nous amène à une nouvelle réalité, illustrée dans le graphique 1 : le passage d’un excès d’épargne (« savings glut ») à un déficit d’épargne (« savings shortage ») et, selon nous, une explication de plus à la tendance structurelle à la hausse des taux d’intérêt à long terme.

Graphique 1 : Épargne vs investissements

Picture1

Source : Chief Economist d’Apollo

*Une demande n’entraîne pas nécessairement l’ouverture d’un compte. Keytrade Bank se réserve le droit d’accepter ou de refuser une demande d’ouverture de compte.