Les banques centrales vont-elles changer d'avis ?

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En 2022, les banquiers centraux occidentaux ont abordé la situation différemment par rapport aux années précédentes. La forte hausse des chiffres de l’inflation a eu raison de la politique de taux zéro. Nous avons assisté à une politique monétaire sévère. Les taux à court terme ont fortement augmenté, tant aux États-Unis que dans la zone euro.

Les chiffres macroéconomiques les plus récents nous laissent, d’ores et déjà, entrevoir la perspective d’une politique monétaire plus accommodante en 2023 !

2022 sera l’année de la normalisation. Une nouvelle ère commence pour la politique monétaire en général et pour les USA et la zone euro en particulier. Après avoir été soutenue, pendant des années, par les banques centrales américaine et européenne, d’une part en maintenant les taux à court terme à 0 % et, d’autre part, en rachetant des obligations à long terme, afin d'empêcher une remontée des taux à long terme, la croissance économique a amorcé, en 2022, le mouvement inverse. Étant donné que l’inflation a atteint le niveau de 10 % et plus en Occident, les banquiers centraux ont fortement relevé les taux à court terme pour freiner la croissance économique. L’objectif consiste à avoir une inflation plus maîtrisable en 2023.

Alors que de nombreux économistes tablent encore sur de nouveaux relèvements des taux, nous voyons les choses autrement. Nous supposons que le cycle de resserrement monétaire touche à sa fin. Nous nous basons sur les récents rapports sur la confiance des producteurs internationaux. Dans ces rapports mensuels, les chefs d’entreprise du monde entier donnent un aperçu de l’évolution de leurs prix d’achat et de vente. Il va de soi que cette politique de fixation des prix est étroitement liée aux chiffres de l’inflation occidentale. Étant donné que les producteurs doivent payer plus pour leurs matières premières (leur principal coût des intrants), ils tenteront de répercuter ce surcoût sur leurs clients. C’est ainsi qu’un cycle de hausse des prix (=inflation) s'installe.

Dans le graphique 1, nous constatons toutefois que le cycle de hausse des prix a cessé. En raison de la baisse des prix des matières premières ces derniers mois, les entreprises américaines ne doivent plus répercuter cette augmentation de leur facture sur leurs clients. De ce fait, les prix de vente (la ligne bleue) ont fortement baissé. En raison de la forte corrélation avec le taux d’inflation officiel (la ligne grise), nous nous attendons à une baisse de l’inflation dans les prochains mois. Par conséquent, la pression exercée sur la banque centrale américaine pour relever de nouveau les taux à court terme s’en trouvera atténuée !

Graphique 1 : évolution des prix de vente américains et de l’inflation

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Source : S&P Global, JPMorgan

Nous constatons le même phénomène dans la zone euro. Le graphique 2 illustre l’évolution des prix d’achat (input prices) pour les entreprises de la zone euro (industrie = ligne grise, secteur des services = ligne orange et les deux secteurs ensemble forment la ligne bleue épaisse). Les entreprises achètent principalement des matières premières, telles que l’énergie, l’acier, les produits chimiques, etc. Les prix des matières premières ont entamé une correction à la baisse depuis l’été, ce qui a entraîné une baisse de la facture. De ce fait, les entreprises de la zone euro (tout comme leurs collègues américains) ne doivent plus non plus augmenter leurs prix de vente. Les chiffres de l’inflation européenne sont donc en train de ralentir. La Banque centrale européenne pourrait dès lors assouplir sa politique de resserrement monétaire !

Graphique 2 : évolution des prix des intrants dans la zone euro

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Source : S&P Global, JPMorgan
Conclusion

En raison de la correction sur les marchés internationaux des matières premières, les entreprises américaines et européennes ne sont plus obligées d’augmenter fortement leurs prix de vente afin de compenser leurs coûts plus élevés.

Au contraire, un mouvement inverse semble s’être enclenché. Les entreprises occidentales n’augmentent plus leurs prix de vente, ce qui réduit les pressions inflationnistes. Les investisseurs partent du principe que la politique de resserrement monétaire touche à sa fin. La confiance revient, ce qui explique notamment la hausse des marchés des actions ces derniers mois.

Nous nous attendons d’ores et déjà à un bon début pour la nouvelle année boursière 2023.

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