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L’héritage de l’Oracle d’Omaha : dix leçons gravées dans le marbre

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21 janvier 2026 

3 minutes à lire

Un investissement de 100 dollars dans Berkshire Hathaway en 1964 vaudrait plus de 5,5 millions de dollars aujourd’hui. Ce succès ne cache ni stratégie obscure, ni algorithme complexe, mais repose simplement sur une poignée de principes que Warren Buffett a appliqués avec constance pendant des décennies. Principes qui restent valables à ce jour.

Leçon 1 : Reconnaître ses erreurs est plus important qu’atteindre la perfection

C’est peut-être la caractéristique la plus surprenante du meilleur investisseur de tous les temps : sa candeur face à l’échec. Dans ses lettres annuelles aux actionnaires, Buffett a utilisé pas moins de 16 fois les mots « erreur » ou « faute » entre 2019 et 2023. Beaucoup de grandes entreprises ne les prononcent jamais (source).

Sa plus grande gaffe ? L’achat de… Berkshire Hathaway. « La pire action que j’ai jamais achetée était – suspense… – Berkshire Hathaway », a-t-il avoué en 2010. Ce qui était à l’époque une société textile s’est avéré une très mauvaise affaire : Buffett estime que cette erreur lui a coûté, ainsi qu’à ses investisseurs, au moins 200 milliards de dollars. S’il avait directement investi cet argent en assurances plutôt que dans le textile, Berkshire serait aujourd’hui deux fois plus grand (source).

Mais c’est justement cette erreur qui lui a appris une leçon clé : il faut vendre les mauvaises entreprises, aussi séduisant que leur prix puisse paraître. C’est cette franchise vis-à-vis de l’échec qui a paradoxalement fait de lui un meilleur investisseur, car il a appris de chaque erreur et a adapté sa stratégie en fonction.

Leçon 2 : La patience l’emporte sur le génie

Le QI de Buffett se situe probablement autour de 150, contre 100 pour l’adulte moyen. Pourtant, il assure qu’il ne faut pas être Einstein : « Investir n’est pas un jeu où l’investisseur avec un QI de 160 gagne contre l’investisseur avec un QI de 130. » (source)

Son secret ? Le temps. De 1964 à 2024, le Berkshire a obtenu un rendement annuel composé de 19,9 %, contre 10,4 % pour le S&P 500. Cela semble une différence modeste, mais sur 60 ans, cela s’est traduit par un rendement total de plus de 5,5 millions de pour cent pour Berkshire, contre « seulement » 39 000 % pour le S&P 500 (source).

Buffett l’a souvent déclaré : « Notre période de détention préférée, c’est pour toujours ». Cette philosophie va à l’encontre de tout ce que les médias sociaux nous exhortent aujourd’hui à faire. Buffett nous montre qu’il vaut mieux être patient que malin, rester tranquille et réfléchir plutôt que d’agir de manière impulsive. À l’heure actuelle, les actions de la bourse de New York sont détenues pendant dix mois en moyenne. Il y a cinquante ans, la durée de détention moyenne s’élevait à cinq ans (source).

Leçon 3 : Achetez des entreprises, pas des bouts de papier

« Charlie et moi n’achetons pas d’actions, nous achetons des entreprises », écrivait Buffett dans sa lettre de 2022. La différence est fondamentale. Là où de nombreux investisseurs suivent les cours et effectuent des analyses techniques, Buffett achète des parts comme s’il achetait l’entreprise entière (source).

Pour cela, il se pose des questions simples. Est-ce que je comprends ce que fait cette entreprise ? Sa position concurrentielle est-elle forte ? La direction a-t-elle une bonne gestion des fonds ? Ai-je confiance en les personnes qui la dirigent ?

Cette approche s’avère toujours efficace. Il suffit de voir sa participation dans Coca-Cola, qu’il détient depuis 1988, ou American Express, qui fait partie de son portefeuille depuis les années soixante. « N’achetez que ce que vous seriez parfaitement heureux de conserver si la bourse fermait pendant dix ans », conseille-t-il (source).

Leçon 4 : Ne payez jamais trop cher, même pour de la qualité

Buffett a opéré son plus grand virage stratégique dans les années 70. Son mentor, Benjamin Graham, lui avait appris à acheter des entreprises bon marché et sous-évaluées – les fameux « mégots de cigarette » dont on peut tirer une dernière bouffée. Mais Charlie Munger l’a convaincu : « Il vaut beaucoup mieux acheter une entreprise extraordinaire à un prix ordinaire qu’une entreprise ordinaire à un prix extraordinaire. » (source).

Cette leçon aussi lui a coûté de l’argent. En 2008, Buffett a acheté ConocoPhillips, juste au moment où le prix du pétrole atteignait un pic à plus de 100 dollars le baril. Lorsque le prix du pétrole s’est effondré, il a perdu des milliards (source). Le paradoxe : même une entreprise formidable peut être un mauvais investissement si vous payez trop cher, tandis qu’une entreprise respectable au juste prix peut valoir de l’or. Tout l’art consiste à trouver le point d’équilibre.

Leçon 5 : Investissez dans des secteurs que vous comprenez

Buffett a manqué quelques-unes des plus grandes opportunités d’investissement de l’histoire. Il a dédaigné Google à ses débuts. Quand Jeff Bezos s’est présenté en 1994, il a également refusé Amazon. « J’étais trop bête pour anticiper le succès d’Amazon à cette échelle », a-t-il avoué (source).

Pourquoi ? Parce que les entreprises technologiques n’entraient pas dans son champ de connaissances et d’expérience. Pendant des décennies, il a donc évité ces actions, parce qu’il ne comprenait pas le secteur. Cela vous paraîtra peut-être un choix frustrant, mais c’est précisément cette discipline qui a fait son succès.

« Le risque provient de ne pas savoir ce que l’on fait », avertit Buffett. En investissant uniquement dans des entreprises qu’il connaissait bien – assurances, banques, biens de consommation, services aux collectivités –, il a minimisé les erreurs coûteuses (source).

Ce n’est qu’en 2016 qu’il a acheté Apple, lorsque le titre est devenu une entreprise aux revenus prévisibles. Aujourd’hui, Apple représente encore plus de 20 % du portefeuille d’actions de Berkshire (source). Alphabet (Google) et Amazon l’ont également rejoint depuis.

Leçon 6 : Ne vous laissez pas mener (ou distraire) par la foule

« Soyez craintif lorsque les autres sont avides, et avide lorsque les autres sont craintifs » : c’est peut-être le dicton le plus célèbre de Buffett.

Lors de la crise financière de 2008, Buffett a investi des milliards dans des entreprises telles que Goldman Sachs et General Electric, quand tout le monde vendait dans un vent de panique. En 2022, quand le S&P 500 a baissé de 18 %, Berkshire a progressé de 4 %. Ce n’était pas parce que Buffett disposait de pouvoirs de prédiction surnaturels, mais parce qu’il ne se laissait pas guider par l’émotion (source).

« Les fluctuations du marché sont votre alliée, pas votre ennemie », souligne-t-il. La volatilité crée des opportunités pour ceux qui gardent leur calme. Tout l’art consiste à ne pas laisser ses émotions prendre le dessus.

Leçon 7 : Les liquidités sont de l’oxygène

Fin septembre 2025, Berkshire détenait pas moins de 381 milliards de dollars de liquidités, ce qui en fait l’entreprise américaine cotée en bourse avec le plus de trésorerie (source). Les critiques se plaignent que cet argent « dort » sur un compte en banque, mais Buffett voit les choses autrement.

« Pour une entreprise, la liquidité est ce que l’oxygène est à une personne : on n’y pense jamais quand on en a, on ne pense à rien d’autre quand on en manque », a-t-il écrit (source). Cette réserve lui permet de saisir les opportunités lorsque d’autres sont contraints de vendre.

Ce n’est d’ailleurs pas un signe de faiblesse, mais de discipline : Buffett se refuse à investir pour investir. « Si nous investissions uniquement pour ramener notre position de trésorerie à 50 milliards, ce serait la décision la plus stupide au monde », a-t-il déclaré lors d’une assemblée des actionnaires (source). La leçon : gardez toujours de l’argent sous la main pour pouvoir agir quand l’occasion se présente.

Leçon 8 : Apprenez des erreurs d’autrui

« Je trouve vraiment qu’il est préférable d’apprendre autant que possible des erreurs des autres », affirme Buffett (source). Cette attitude explique aussi pourquoi il est un si grand lecteur, qui consacrerait près de 80 % de sa journée à la lecture et à la réflexion (source). Il lit pour comprendre : comment fonctionnent les entreprises, qu’est-ce qui les fait échouer, quels sont les schémas récurrents ?

Pour les investisseurs, c’est une leçon précieuse. Vous ne devez pas commettre toutes les erreurs vous-même. En vous informant sur les entreprises qui ont échoué, les secteurs qui ont sombré et les investisseurs qui ont fait des pertes, vous découvrirez où se situent les pièges.

Leçon 9 : Privilégiez la simplicité à la complexité

La stratégie d’investissement de Buffett tient sur une page A4 : cherchez des entreprises avec une forte position concurrentielle, achetez-les à un prix raisonnable et gardez-les. « Il semble y avoir une caractéristique perverse dans la nature humaine qui se plaît à compliquer les choses simples », remarque-t-il (source).

Des produits complexes, des stratégies élaborées, des algorithmes… Buffett fait tout le contraire. Il recommande à la plupart des investisseurs particuliers de simplement investir dans des ETF. « En investissant périodiquement dans des ETF, les investisseurs peuvent battre la plupart des professionnels de l’investissement », a-t-il déclaré dès 1993.

Leçon 10 : L’optimisme est une stratégie d’investissement

Quand vous lisez les lettres de Buffett, ce qui frappe, c’est sa confiance profonde dans le progrès. Même lorsque le cours de Berkshire a perdu 50 % par rapport à son pic, ce qui s’est produit à trois reprises pendant qu’il était à la tête de l’entreprise, il a répété que la panique ne sert strictement à rien (source).

Derrière cette idée se cache une conviction simple : les économies se redressent, les entreprises s’adaptent. Les gens continueront d’inventer, de construire et d’améliorer ce qui existe. Avec cette approche, vous tomberez généralement du bon côté de l’histoire.

Ce n’est pas anecdotique, car investir est un marathon. Si vous écoutez trop les scénarios catastrophe, vous finirez tôt ou tard par sortir des marchés. En revanche, ceux qui croient en des lendemains meilleurs resteront investis. Et à travers les récessions, les krachs et les mauvaises nouvelles, c’est précisément ce qui fait la différence entre un rendement moyen et un rendement exceptionnel. Avant d’investir, consultez lescaractéristiques et risques principaux des instruments financiers.

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