Une croissance économique plus forte = des taux d’intérêt à long terme plus élevés !
Keytrade Bank
keytradebank.be
14 septembre 2026
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Les marchés obligataires internationaux sont au cœur de l’attention : dans les pays industrialisés occidentaux, les taux d’intérêt à long terme à 10 et 30 ans sont en hausse. Ils ont entre-temps atteint leur niveau le plus élevé de ces cinq dernières années.
Quelle est la raison de cette tendance haussière ? Les médias financiers pointent systématiquement du doigt les gouvernements occidentaux. Ceux-ci accumulent les dettes et font face à d’importants déficits budgétaires. Les prêteurs demandent dès lors un prix plus élevé pour leur argent (= des taux d’intérêt plus élevés), car ils craignent que les risques augmentent.
Mais le niveau élevé de la dette des pays industrialisés occidentaux est-il réellement à l’origine de la hausse des taux ? N’étions-nous pas déjà confrontés à un endettement excessif il y a cinq à dix ans ? Et les taux à long terme n’avaient-ils pas baissé à cette époque ?
Nous voyons dans la forte croissance économique une explication à la hausse des taux d’intérêt à long terme. Des études économiques ont montré qu’il existe une étroite corrélation entre la croissance économique et l’évolution des taux d’intérêt à long terme.
Commençons par examiner la situation actuelle de l’économie mondiale. Le graphique 1 montre l’évolution de la confiance des entreprises à l’échelle mondiale (ligne bleue, Global PMI Output Index). Cet indicateur économique est publié chaque mois et repose sur une enquête menée auprès de dizaines de milliers de dirigeants d’entreprises dans le monde entier. Lorsque cet indicateur est supérieur à 50 points, on parle d’expansion. Un chiffre inférieur à 50 points indique une contraction de l’activité économique internationale.
Ces derniers mois, nous avons observé une forte hausse de la confiance des entreprises à l’échelle internationale. Cela signifie que de plus en plus de dirigeants d’entreprises se montrent optimistes quant aux perspectives économiques, ce qui les incite à investir davantage et à créer davantage d’emplois. Cette combinaison soutient, comme vous le savez, la croissance économique.
Le graphique 1 montre cette étroite corrélation entre la confiance des entreprises à l’échelle internationale et la croissance de l’économie mondiale. Avec le niveau actuel de confiance des entreprises à l’échelle internationale, nous pouvons raisonnablement tabler sur une croissance de l’économie mondiale de l’ordre de 3 à 3,5 %. Nous n’avions plus connu un tel niveau de croissance au cours des derniers trimestres. C’est également la raison pour laquelle nous ne craignons pas de récession internationale à ce stade.
Graphique 1 : croissance de l’économie mondiale vs confiance des entreprises

Source: S&P Global PMI
Le deuxième graphique vient étayer le second volet de notre analyse. Il existe une très forte corrélation entre le taux de croissance de l’économie mondiale et le niveau des taux d’intérêt à long terme.
Des recherches économiques américaines ont montré qu’une croissance économique américaine plus forte entraîne une hausse des taux d’intérêt américains à long terme. Nous ne voyons aucune raison pour que cet effet soit propre aux États-Unis.
Selon notre analyse, ce ne sont donc pas les niveaux élevés de dette publique, mais bien l’accélération de la croissance économique qui explique la hausse des taux d’intérêt à long terme.
Et cette accélération de la croissance économique est précisément une bonne nouvelle pour les gouvernements occidentaux. Elle se traduit par une hausse des recettes fiscales, ce qui pourrait à son tour contribuer à une baisse des taux d’intérêt à long terme.
Graphique 2: croissance économique américaine vs taux américain à 10 ans

Source: Deutsche Bank Research Institute
Conclusion
Selon nous, les turbulences actuelles sur les marchés obligataires internationaux ne sont pas dues aux inquiétudes concernant l’endettement des pays industrialisés occidentaux. Au contraire, nous les attribuons à l’accélération de la croissance économique, qui devrait justement entraîner une hausse des recettes fiscales et ainsi contribuer à l’amélioration des finances publiques.


