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L’Espagne, nouveau miracle économique de l’Europe ?

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keytradebank.be

06 janvier 2026 

(actualisé le 09 janvier 2026)

4 minutes à lire

Jusqu’à récemment, l’image de l’Espagne auprès des investisseurs pouvait se résumer par « playa, siesta… et dette ». Les choses ont bien changé : depuis quelques années, l’économie espagnole connaît une croissance plus rapide que le reste de la zone euro, tandis que l’emploi continue de s’améliorer et que le taux d’endettement diminue. Est-il temps pour vous en tant qu’investisseur de participer à la fiesta ?

Après la crise financière de 2008, l’Espagne s’est enfoncée dans un marasme profond. Pendant des années, le pays a souffert d’un taux de chômage élevé (jusqu’à 27 % !), de banques instables, d’un déficit budgétaire qui a explosé jusqu’à plus de 11 % du PIB et d’un marché immobilier en piteux état (source 1 et source 2).

Aujourd’hui, cette période sombre semble révolue. Depuis quelques années, l’Espagne est même l’économie modèle de la zone euro.

L’Espagne a connu une croissance de 2,5 % en 2023, de 3,5 % en 2024 et de 2,9 % l’année dernière. À titre de comparaison : la croissance de la zone euro dans son ensemble s’est élevée à 0,4 % (2023), 0,9 % (2024) et 1,2 % (2025) (source). Ainsi, l’Espagne est l’une des économies à la croissance la plus rapide de la région.

Qu’est-ce qui porte la croissance espagnole ?

1. L’immigration comme moteur économique

L’une des explications les plus frappantes est l’immigration. Depuis 2019, plus de 1,2 million de travailleurs étrangers ont rejoint le marché du travail, principalement d’Amérique latine (source). Et près de la moitié de tous les emplois créés depuis 2022 sont pourvus par de nouveaux arrivants (source). Selon les projections, la population active augmentera d’environ 400 000 personnes par an en 2026 et 2027, en grande partie grâce à l’immigration (source).

Justement, l’Espagne est confrontée au vieillissement démographique : plus de 2 Espagnols sur 10 ont plus de 65 ans. L’afflux migratoire a non seulement entraîné un surcroît de main-d’œuvre et de meilleures perspectives démographiques, mais a également stimulé la consommation et la demande intérieure.

Le résultat ? En 2024, la population active en Espagne a atteint un record avec plus de 21 millions de travailleurs. En 2025, le chômage est tombé à 10,4 %, son niveau le plus bas depuis la crise financière (source). C’est toujours inférieur à la moyenne de la zone euro (6,4 %), mais déjà nettement mieux que pendant sa période noire.

2. Plus que le tourisme

Le tourisme reste un secteur important qui représente 15 % de l’économie espagnole. En 2025, les touristes étrangers ont même dépensé 28 % de plus qu’en 2019 (source 1 et source 2). Néanmoins, la base économique s’est beaucoup élargie. L’Espagne exporte de plus en plus de services à haute valeur ajoutée : la technologie, l’ingénierie, la consultance informatique. Les exportations de services non touristiques ont augmenté de près de 12 % en 2025 (source).

Cette diversification améliore la résilience de l’économie. Alors qu’auparavant, la moindre baisse du tourisme se répercutait aussitôt sur les chiffres, la croissance dans d’autres secteurs joue désormais un rôle de tampon.

3. Plan de relance européen et investissements

L’Espagne a reçu plus de 163 milliards d’euros de soutien par le biais du programme NextGenerationEU. Ces moyens sont investis dans la numérisation, l’énergie verte et l’infrastructure. Bien que les critiques observent que l’impact reste limité, les investissements ont contribué à stimuler l’économie. En outre, l’Espagne s’est engagée à investir près de 40 milliards d’euros dans la défense, ce qui dynamise encore l’économie (source).

4. Secteur bancaire robuste

Les banques espagnoles – dont Santander, BBVA et CaixaBank – ont vécu une renaissance remarquable. Après des années de restructuration et d’assainissement, elles sont aujourd’hui plus rentables que jamais. En outre, elles peuvent se prévaloir de fonds propres solides et d’une gestion rigoureuse des risques après les enseignements de la crise financière.

La confiance dans les finances espagnoles s’est tellement rétablie qu’en 2025, toutes les grandes agences de notation (S&P, Moody’s et Fitch) ont relevé la notation des obligations d’État espagnoles. La prime de risque espagnole (le rendement supplémentaire exigé par les investisseurs pour emprunter de l’argent à l’Espagne plutôt qu’à l’Allemagne, par exemple) est même tombée à 50 points de base, un niveau inférieur à celui de la France (source).

L’IBEX 35 : l’indice star de l’Europe

Cette reprise économique s’est directement reflétée en bourse. En 2025, l’IBEX 35, le principal indice boursier espagnol, a augmenté de pas moins de 49 %, surperformant tous les autres grands indices européens. À titre de comparaison : le DAX allemand a progressé d’environ 23 %, le BEL 20 de 19 %, le CAC 40 français de 10 % et l’Eurostoxx 50 de 18 % (source).

Pour la première fois depuis 2007, l’IBEX 35 a retrouvé son sommet historique d’environ 16 600 points en novembre 2025. C’est d’autant plus remarquable que de nombreux autres indices européens avaient déjà rattrapé leurs niveaux de 2007 il y a des années. La bourse espagnole a clôturé 2025 à un nouveau record, au-dessus de 17 000 points (source).

Qu’est-ce qui rend l’IBEX 35 si performant ?

1. Dominante bancaire

Les actions bancaires ont une forte pondération dans l’IBEX 35, pas moins de 40 % (source). À elle seule, Banco Santander représente déjà plus de 16 % de l’indice. En 2025, les actions bancaires ont été les stars du marché : l’indice IBEX 35 Banks a même progressé de près de 120 % (source).

Ces fortes performances sont dues à des bénéfices records, des dividendes attrayants et des rachats d’actions à grande échelle. En effet, jusqu’en novembre 2025, les entreprises espagnoles cotées en bourse (et pas seulement les banques) ont racheté pour 10,5 milliards d’euros d’actions propres (source).

2. Énergie et infrastructures

Les secteurs de l’énergie et de la construction affichent également d’excellents résultats. Des entreprises comme Iberdrola (énergie verte), Repsol (pétrole et gaz) et le géant de la construction ACS tirent profit des investissements dans les énergies renouvelables et les projets d’infrastructure.

Un développement notable : l’Espagne génère désormais 56,5 % de son électricité à partir de sources renouvelables (solaire, éolien, hydraulique), un record absolu. Cela rend le pays attrayant pour les centres de données énergivores et la production de batteries (source).

3. Valorisations attrayantes

Malgré le rallye, les actions espagnoles restent relativement bon marché. L’IBEX 35 affiche un rapport cours/bénéfice d’environ 13, soit 2,3 points en dessous de la moyenne historique des 37 dernières années et bien en dessous du 28 des marchés américains.

Le rendement du dividende est également attrayant : à plus de 4 % en moyenne, c’est l’un des plus élevés d’Europe. Jusqu’en novembre 2025, les entreprises espagnoles cotées en bourse ont versé pas moins de 37,7 milliards d’euros de dividendes. C’est le deuxième montant le plus élevé jamais enregistré et une hausse de près de 10 % par rapport à 2024 (source).

Le revers de la médaille

Aussi impressionnante soit la croissance espagnole, il y a toujours des nuances et des risques importants à prendre en compte :

1. La faible productivité reste un problème

En Espagne, la productivité par travailleur est toujours inférieure au niveau d’avant la crise sanitaire. Bien qu’il y ait eu une certaine amélioration par heure travaillée (surtout dans le secteur des services), la productivité totale reste préoccupante (source).

Près de la moitié de l’augmentation du PIB est due à la hausse de l’emploi plutôt qu’à des gains d’efficacité. Le PIB par habitant demeure inférieur de 8 % à la moyenne européenne (source).

Cette faible productivité est due à plusieurs facteurs : des investissements limités dans la recherche et le développement (les entreprises espagnoles y investissent six fois moins que les entreprises de l’UE), un système éducatif qui n’est pas pleinement adapté au marché du travail, ou encore une économie dominée par les PME (99,8 % des sociétés emploient moins de 250 travailleurs) (source).

2. Crise du logement

Au premier semestre 2025, les prix de l’immobilier ont augmenté de près de 10 %. Cette hausse absorbe une grande partie de la croissance salariale. Actuellement, la pénurie est estimée à environ 700 000 logements. Pour réduire ce déficit de moitié d’ici 2030, les investissements dans la construction résidentielle devraient atteindre 10 % du PIB, presque le niveau de la bulle immobilière de 2007 (11,7 %) (source).

Surtout dans des villes comme Madrid, Barcelone, Málaga et Valence, les logements sont devenus impayables pour beaucoup. Cela risque de porter atteinte à la cohésion sociale et freine la consommation (source).

3. Division politique

Le gouvernement espagnol repose sur une coalition fragile et n’a pas de majorité stable. En 2024 comme en 2025, aucun budget n’a été approuvé. Cela compromet les réformes structurelles en matière d’impôts, de pensions et de marché du travail. Le Financial Times décrit la situation comme une croissance « de la mauvaise manière », c’est-à-dire des chiffres impressionnants sans renouvellement structurel en profondeur (source).

4. Risque de concentration dans l’IBEX

L’IBEX 35 est très concentré. Sur les 35 sociétés dans l’indice, cinq représentent plus de la moitié de la valeur de marché totale (source). Cela signifie que si les résultats de ces cinq entreprises (Inditex, Santander, Iberdrola, BBVA et CaixaBank) déçoivent les investisseurs, c’est tout l’indice qui pourrait en pâtir. Cette situation n’est pas une spécificité espagnole : elle est similaire à celle des États-Unis, où l’indice S&P 500 semble largement diversifié, mais est en réalité principalement tiré par un petit groupe de géants technologiques.

Comment investir dans la bourse espagnole ?

Si vous souhaitez profiter de la croissance espagnole, différentes possibilités s’offrent à vous. Chaque approche présente ses avantages et ses inconvénients, selon vos objectifs d’investissement, le temps que vous pouvez y consacrer et votre tolérance au risque.

1. Actions individuelles

Quelle approche ? Vous achetez directement des actions d’entreprises espagnoles cotées en bourse. L’indice IBEX 35 en compte 35, mais en réalité, il y a plus de 140 entreprises cotées sur le marché espagnol. Elles représentent des secteurs divers, des banques et de l’énergie aux biens de consommation, en passant par les télécommunications, la construction et les infrastructures.

Avantages :

  • Contrôle total : vous décidez dans quelles entreprises investir
  • Sélection des secteurs ou entreprises qui vous inspirent le plus confiance
  • Exposition directe aux dividendes et aux hausses de cours potentielles

Inconvénients :

  • Nécessite une connaissance approfondie des entreprises et des secteurs individuels
  • Chronophage : vous devez suivre les résultats, les actualités et les conditions de marché
  • Risque de concentration : si une seule action est en difficulté, cela peut toucher une partie importante de votre portefeuille
  • Frais de transaction plus élevés si vous investissez dans de nombreuses actions différentes

2. Trackers (ETF)

Quelle approche ? Les ETF (« Exchange-Traded Funds ») sont des fonds d’investissement qui suivent un indice, comme par exemple l’IBEX 35 ou un autre indice européen qui contient des entreprises espagnoles. Un seul achat vous offre ainsi une exposition diversifiée à des dizaines d’entreprises.

Avantages :

  • Diversification importante en une seule transaction : vous répartissez votre risque sur l’ensemble du marché espagnol
  • Frais faibles : la commission de gestion annuelle se situe généralement entre 0,20 % et 0,50 %
  • Simplicité : aucune analyse chronophage d’entreprises individuelles nécessaire
  • Liquidité : les ETF se négocient comme des actions et sont faciles à acheter et à vendre
  • Transparence : vous savez exactement quelles actions sont incluses dans l’ETF

Inconvénients :

  • Vous suivez le marché : avec un ETF sur l’IBEX 35, vous achetez également les entreprises les moins performantes
  • Risque de concentration : comme les actions financières représentent près de 40 % de l’IBEX 35, vous avez une exposition sectorielle élevée
  • Impossible d’éviter des secteurs ou des entreprises spécifiques

3. Fonds gérés activement

Quelle approche ? Avec un fonds d’investissement géré activement, une équipe de professionnels sélectionne les meilleures actions espagnoles (ou d’Europe du Sud). Ils s’efforcent de battre le marché en choisissant judicieusement les entreprises à inclure ou non.

Avantages :

  • Gestion professionnelle : des gestionnaires de fonds expérimentés analysent le marché et sélectionnent les actions qui représentent une opportunité à saisir
  • Flexibilité : les gestionnaires peuvent réagir rapidement à l’évolution des conditions de marché
  • Possibilité de battre le marché : les bons gestionnaires de fonds peuvent obtenir de meilleurs rendements que l’indice
  • Gestion des risques : les gestionnaires actifs peuvent investir de manière plus défensive en période d’incertitude
  • Accès à une expertise sur le marché local, plus spécifiquement la culture d’entreprise et les réglementations locales

Inconvénients :

  • Frais plus élevés : les fonds gérés activement facturent souvent une commission de gestion annuelle de 1 % à 2 %
  • Aucune garantie de surperformance : de nombreux fonds actifs sous-performent l’indice à long terme
  • Transparence réduite : vous ne savez pas toujours tout de suite quelles actions le fonds détient
  • Performance tributaire de la qualité du gestionnaire de fonds
  • Avant d’investir, consultez les caractéristiques et risques principaux des instruments financiers.

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