La panique pourrait une fois de plus être de mauvais conseil

Geert Van Herck
Chief Strategist KEYPRIVATE
05 mars 2026
3 minutes à lire
La géopolitique est de nouveau au centre de l’attention sur les marchés financiers. Depuis l’attaque américaine et israélienne contre l’Iran, les nerfs des investisseurs sont mis à rude épreuve et la volatilité a fortement augmenté. Dans les moments de panique, les investisseurs risquent de prendre de mauvaises décisions. Que ce soit la première leçon : garder ses émotions sous contrôle est crucial dans cet environnement de marché.
La deuxième leçon consiste à regarder l’histoire. Les événements géopolitiques causent-ils des dommages durables aux marchés boursiers ? La réponse est non.
Le graphique 1 montre la performance de l’indice américain S&P 500, l’indice des 500 plus grandes entreprises américaines et l’un des indices boursiers les plus importants au monde, douze mois après un événement géopolitique majeur. Que constatons-nous ? En moyenne, le S&P 500 affiche un rendement positif de 14,2 %. C’est un indicateur important qui montre qu’il ne faut pas vendre aveuglément lorsque les marchés sont perturbés par des tensions politiques.
Graphique 1

Source: The Compound Research
La crise actuelle autour de l’Iran comporte une dimension supplémentaire. L’Iran est un important producteur de pétrole et contrôle le Détroit d’Ormuz. Par cette route maritime transitent chaque jour de nombreux navires chargés de pétrole et de gaz naturel à destination de pays fortement consommateurs d’énergie comme la Chine. En raison de la crise actuelle, ce trafic maritime, une véritable artère économique pour l’économie mondiale, est pratiquement à l’arrêt. En conséquence, les prix du pétrole ont fortement augmenté.
Cette hausse du prix du pétrole provoquera-t-elle des difficultés économiques susceptibles de faire chuter les marchés boursiers ?
Le graphique 2 répond clairement par la négative. Que montre ce graphique ? Les points rouges représentent deux jours consécutifs durant lesquels le prix du pétrole augmente d’au moins 5 pour cent. La conclusion est claire : chaque fois que cela s’est produit, le S&P 500 se situait environ 22 pour cent plus haut douze mois plus tard. Une fois encore, cela constitue une raison de ne pas céder immédiatement à la panique.
Graphique 2

Source: The Compound Research
Conclusion
Les événements géopolitiques créent toujours de la nervosité et de la volatilité sur les marchés boursiers. Toutefois, les graphiques ci-dessus montrent que réagir de manière impulsive et émotionnelle, par exemple en vendant rapidement des actions, n’est pas la stratégie la plus appropriée. Douze mois après des événements géopolitiques ou de fortes hausses des prix du pétrole, l’indice américain S&P 500, qui continue de donner le ton aux autres marchés boursiers, se situe souvent plus haut.
Il semble donc judicieux d’accepter la volatilité à court terme afin de profiter des rendements potentiellement plus élevés que l’investissement en actions peut offrir à long terme.


