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« Sell in May and go away » : mythe ou stratégie avisée pour l’investisseur moderne ?

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keytradebank.be

11 mai 2026 

3 minutes à lire

« Sell in May and go away » a eu des résultats spectaculaires avant l’an 2000. Depuis lors, l’avantage diminue d’année en année. Qu’est-ce que cela nous apprend des stratégies saisonnières et qu’est-il généralement recommandé aux investisseurs à long terme ?

Imaginez : vous vendez tous vos investissements au printemps, oubliez la bourse en été, puis rachetez vos titres à l’approche de l’automne… C’est en tout cas ce que vous suggère l’adage boursier « Sell in May and go away, don’t come back till St Leger Day ».

L’expression trouve son origine au Royaume-Uni, dans les années 1950. À l’époque, à l’approche des beaux jours, les professionnels de la finance et les familles riches quittaient Londres pour se rendre dans leur résidence secondaire.

Pendant les mois où ils profitaient de la vie, les marchés restaient plutôt calmes. Jusqu’à St Leger Day, le dernier grand événement du calendrier des courses de chevaux britannique en septembre, le négoce tournait au ralenti.

Au fil des années, le slogan a évolué et le terme « Halloween Effect » (ou « Halloween Indicator ») a fait son apparition. S’appuyant sur le dicton d’origine, cette théorie suggère que les actions enregistrent de meilleures performances entre novembre et avril qu’entre mai et octobre (source).

Que disent les chiffres ?

« Sell in May and go away » était initialement une approche populaire parmi les traders professionnels qui s’appuyaient sur la volatilité pour réaliser des bénéfices, et pas tant parmi les investisseurs particuliers à long terme. Pourtant, au fil des années, il est apparu qu’elle recelait une part de vérité.

Le professeur Derek Horstmeyer a effectué une analyse approfondie des actions large cap, small cap, de croissance et de valeur américaines, ainsi que des actions internationales de 1950 à 2023, et en a conclu que l’effet existe bel et bien. Mais aujourd’hui, le tableau est devenu plus nuancé.

Avant 2000, la différence était frappante. Les investisseurs qui vendaient leurs actions de grande capitalisation en avril et les rachetaient en novembre obtenaient un rendement annuel moyen de 19,62 %, tandis que ceux qui investissaient entre mai et octobre devaient se contenter de 6,72 %. Un écart de près de 13 points de pourcentage.

Après 2000, cet avantage a fortement diminué. En dehors de la période estivale, les grandes capitalisations américaines ont réalisé un rendement moyen de 13,29 % par an. De mai à octobre inclus, le rendement moyen s’est élevé à 8,64 %. C’est toujours une différence notable, mais elle s’est considérablement réduite (source).

Le constat est le même pour les actions de croissance, les actions de valeur, les small caps et les actions internationales. Avant l’an 2000, vous pouviez obtenir un rendement beaucoup plus élevé en vendant en mai et en vous repositionnant en novembre. Depuis 2000, la différence existe toujours, mais elle est moins prononcée.

Vaut-il la peine d’adapter votre stratégie ?

Ce qui a pu fonctionner en bourse par le passé ne fonctionnera pas nécessairement à l’avenir. Par exemple, ceux qui ont tenté leur chance l’année dernière y ont perdu des plumes : entre début mai et fin octobre 2025, le S&P 500 a gagné près de 23 %. Cette année-là, les investisseurs qui ont vendu en mai et racheté en novembre ont ainsi encaissé une perte annuelle de -5 % (source).

Sell in May et l’effet Halloween ne sont donc pas des lois de la nature immuables sur lesquelles vous pouvez compter. Il y aura des années où la performance sera justement excellente en été : un rallye après une crise, un abaissement de taux inattendu. Si vous sortez chaque année en mai, vous risquez de manquer des périodes de reprise qui seront décisives pour votre rendement annuel.

De plus, les marchés actuels sont fondamentalement différents de ceux des années 1950. Les valeurs s’échangent dans le monde entier et pratiquement en continu, y compris avant et après les heures d’ouverture régulières de la bourse. Les algorithmes et les flux des ETF dominent le volume des transactions. Et en été également, les grands investisseurs institutionnels restent actifs. Aujourd’hui, les marchés sont aussi beaucoup plus rapides et plus efficaces : dès qu’un modèle se popularise, les algorithmes et les traders en tiennent compte et l’avantage se résorbe en grande partie.

Vendre à Roch Hachana, acheter à Yom Kippour ?

« Sell in May and go away » n’est pas le seul adage boursier qui joue sur le calendrier. Pensez aux investisseurs qui espèrent chaque année un rallye de Noël, parce que les actions ont tendance à monter lors des derniers jours de négociation de décembre et les premiers jours de janvier. Ou encore au baromètre de janvier, qui veut que le premier mois donne le ton pour le reste de l’année. Il y a aussi le cycle décennal, un schéma selon lequel les années boursières qui se terminent par l’un ou l’autre chiffre afficheraient systématiquement des performances bien meilleures.

Il y a même un dicton qui recommande de vendre à Roch Hachana et acheter à Yom Kippour, d’après l’idée que la période entre le Nouvel An juif et le Jour du Grand Pardon serait historiquement défavorable aux actions. Ces 25 dernières années, le S&P 500 a perdu en moyenne 0,68 % entre ces deux fêtes, pour ensuite remonter de 0,79 % deux semaines plus tard (source).

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Mais alors, qu’est-ce qui fonctionne ?

Sell in May… et d’autres adages boursiers peuvent séduire par leur simplicité. Mais la simplicité résout rarement des problèmes complexes. Investir est moins une question de timing et de prédictions que de persévérance. Printemps, été, automne ou hiver : dans ce monde où les événements se bousculent, il y a toujours bien une autre crise, une nouvelle élection ou un nouveau choc inattendu.

Pour les investisseurs à long terme, un principe reste donc inchangé : rester investi (« time in the market »)est généralement une bien meilleure stratégie que d’essayer d’investir au bon moment (« timing the market »). La recherche montre encore et toujours qu’un nombre limité de jours de bourse est à l’origine d’une grande partie du rendement total. Et souvent, ces jours fastes tombent justement peu après des périodes d’incertitude ou des baisses de marché, quand les investisseurs qui avaient temporairement quitté la partie sont toujours sur le banc de touche. En essayant de planifier structurellement le moment d’entrer ou de sortir du marché, vous risquez donc avant tout de passer à côté des meilleures journées.

Cela ne veut pas dire que les effets saisonniers sont totalement anodins. Ils peuvent vous servir de signal pour mener une réflexion sur votre portefeuille : pas pour tout vendre, mais pour le réévaluer. Votre niveau de risque est-il toujours conforme à vos objectifs ? Êtes-vous suffisamment diversifié(e) ? Avez-vous une exposition excessive à une région, un secteur ou un thème ? Et ainsi de suite.

Avant d’investir, consultez les caractéristiques et risques principaux des instruments financiers.

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