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My first wage
With Émilie Dupuis (FR)
For this first episode of “My First Wage,” we welcome Émilie Dupuis for an open and honest conversation about her relationship with money, her financial habits, and a moment we all remember: receiving our first paycheck.
About Émilie Dupuis: Émilie Dupuis is a Belgian television presenter and media personality well known to the French-speaking public. She mainly works for RTL Belgium, where she has hosted various TV and radio programs, including the reality show "En route avec la police locale" on RTL‑TVI. Recognized for her regular presence on screen and social media, she has a large following and is also involved as a content creator in various media and communication projects.
My first wage
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21:36Transcription du podcast :
#Keytrade Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Mon Premier Salaire. Alors aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir quelqu'un qui a transformé son hobby en métier, Laurent Gerbeau. Chocolatier bruxellois, il a développé une approche innovante et responsable du chocolat, mêlant créativité, qualité et éthique. Alors aujourd'hui, on va parler de son parcours, de sa relation à l'argent et bien entendu, de ce moment dont on se souvient tous, le premier salaire. Bonjour Laurent Gerbeau. #Laurent Bonjour Maurice. #Keytrade Comment ça va aujourd'hui ? #Laurent Bien, bien, bien. Lundi matin. #Keytrade Lundi matin, il faut être en forme. Alors on va commencer par la thématique, je dirais, principale de ce podcast, c'est le premier salaire. Alors j'ai envie de dire, on se souvient tous de ce moment un peu marquant de l'argenton pour la première fois sur le compte en banque. Est-ce que toi tu t'en souviens ? #Laurent J'ai eu plein de petits salaires avec les jobs étudiants que je faisais. Mais le premier vrai salaire, en réfléchissant à l'émission, c'est quand j'ai travaillé pour payer mon premier grand voyage en terminant Maréto. Donc avec des copains, on voulait partir au Mexique et au Guatemala. Et donc on a financé ça en organisant des soirées, des fêtes pour ramener une partie de l'argent. Mais le reste, il fallait travailler. Et donc j'ai travaillé chez Pierre Beaune, qui était un monteur de chapiteaux. On a monté des chapiteaux un peu partout à Francorchamps pour des mariages dans des villas. On a monté le chapiteau du 21 juillet aussi. On travaillait 12-15 heures par jour. C'était assez mal payé. Mais on faisait beaucoup d'heures et on gagnait pas mal à la fin du mois. C'était assez physique aussi. Avec ça, je suis parti au Mexique au Guatemala pendant un mois. C'était mon premier salaire et son premier but en tout cas. #Keytrade Ok. Si tu devais résumer en un mot finalement cette sensation du premier salaire qui tombe sur le compte, comment tu résumerais ça ? #Laurent Je savais déjà ce que j'allais faire avec. Le but c'était, j'avais déjà payé le billet d'avion, mais il fallait payer ensuite tous les frais sur place. Ce qui était assez rock'n'roll parce qu'en fin de voyage, j'avais plus un franc. Donc j'ai dû vendre mes lunettes solaires à l'aéroport pour payer la taxe de départ. Je savais pas qu'il y avait une taxe de départ. Donc on est arrivé vraiment sans un bal après un mois. Mais c'était drôle, c'était vraiment rock'n'roll comme voyage. C'était notre premier voyage en dehors de l'Europe, un voyage sans les parents aussi évidemment. Non, c'était gai, c'était très formateur. Donc oui, c'était surtout travailler pour payer un projet. #Keytrade Tu avais quoi ? 18 ans ? #Laurent 18 ans, oui. Je sortais vraiment de l'arrêto. Non, et travailler aussi comme ça, dans une boîte où c'était très hiérarchisé, très réglementé, très physique aussi, c'était pas mal. Mais on rigolait bien aussi. Le stand du 21 juillet, on l'a monté à l'envers, par exemple. Donc on a monté le podium principal de la famille royale le soir. Et ce n'était pas le même chef de chantier. Et donc, on a inversé les pylônes par accident. Orateur #2 D'accord. #Laurent Donc, il y a un pylône gauche, un pylône droit, parce que la place est en pente. Et ça, on l'a vu seulement quand on a tendu tous les vélums le dernier jour. Ah ouais ? #Keytrade Comme vous avez fait alors ? #Laurent La loge royale était de travers, quoi. Donc, tous les militaires, toute la sécurité, ils venaient en disant, vous êtes sûrs que ça va être un bon truc ? #Keytrade Finalement à cette époque c'était quoi ta relation à l'argent ? T'étais plutôt du genre à épargner ou alors plutôt dépensier ? #Laurent Non c'était plutôt travailler pour payer des projets, des voyages. Une fois que j'avais fait ce voyage au Mexique et au Guatemala je voulais juste partir ça m'avait vraiment mordu et c'était plus pour payer des trucs, des projets, mais que ce soit des trucs à Bruxelles aussi. J'avais un café-théâtre, un café-concert à un moment donné avec ma copine. Et donc, ça n'a jamais été travailler, enfin, gagner de l'argent pour gagner de l'argent, pour acheter des broles. Ça n'a jamais été très matériel. J'achète un pull par an, deux jeans, et je suis content avec ça. #Keytrade Tu investis plutôt dans des expériences ? Oui, #Laurent des expériences, des voyages. #Keytrade Très bien. Alors, ton parcours est ? Ce qu'on pourrait qualifier d'atypique. Tu pars pour Shanghai en 98 pour découvrir une nouvelle culture, des nouvelles saveurs. Et puis, retour à Bruxelles, fin des années 2000, pour créer ta propre marque de chocolat. Des expériences qui ont certainement dû influencer ta relation à l'argent. Alors aujourd'hui, comment tu définirais ta relation à l'argent ? #Laurent C'est assez simple. Pour moi, c'est du carburant. C'est juste ça, c'est du carburant qui permet de faire marcher la voiture, de financer des projets. Alors j'ai toujours plein de projets, je suis un gars vraiment enthousiaste de base, parfois un peu trop enthousiaste. Quand je me lance dans un truc, parfois je fais des erreurs aussi, je les paye aussi. De manière générale, j'ai toujours un truc en tête, que ce soit une nouvelle machine. des lignes de fabrication, une nouvelle déco, des nouveaux emballages. Alors, c'est des trucs qui sont assez chers, mais comme j'arrive à les diviser en briquettes, en micro-steps, j'y arrive toujours. Donc, même si c'est sur plusieurs années. Orateur #2 D'accord. #Laurent Et j'ai commencé, enfin, ce qui m'a vraiment formé, c'est le fait que j'ai commencé sans argent, quoi. Donc, j'avais pas de capital à la base, et c'est vraiment en travaillant et en mettant un pied après l'autre, quoi. En chinois, on dit « hipou hipou » . #Keytrade Ce qu'il veut dire, un pied après l'autre. Oui, c'est le petit « lapli » . Et « t'apparais-t-à » . #Laurent Oui, « the base cap » . #Keytrade Dans ta gestion financière, toi, tu es plutôt quelqu'un de très organisé ou, je pense que j'ai déjà la réponse, tu laisses plutôt la place à l'improvisation de temps en temps ? #Laurent Alors, je suis un bordélique quand on publie. #Keytrade C'est ce que je me disais un petit peu. #Laurent Donc ça, au niveau administration, je ne suis vraiment pas une recommandation. Donc, je m'entoure des bonnes personnes. Pas toujours, mais normalement des bonnes personnes. Et c'est arrivé que je fasse des erreurs. Et ensuite, je gère la gestion financière, c'est vraiment la gestion de la trésorerie en fait. #Keytrade Ça tu gères toi-même. #Laurent Oui, ça je gère à 100% parce que j'ai appris sans rien. Donc quand j'étais en Chine, je n'avais pas un bal. Une fois que j'avais fini la saison de Pâques, donc tout le monde avait payé pour les oeufs, les gâteaux, etc. J'ai payé tous mes fournisseurs et puis je n'avais plus d'argent. Et donc à ce moment-là, les nouilles au coin de la rue, elles ont un autre goût. Elles sont bien meilleures. Le pot où on vit de sa monnaie, finalement on va chercher les pièces dedans. Et tout à vélo, il n'est plus question de prendre un taxi. Donc ça, à ce moment-là, ça ne dure pas très longtemps non plus. Donc ça a duré quelques semaines et puis après ça, les clients ont recommandé. Mais en tout cas, les deux, trois semaines comme ça, où je n'avais plus d'argent, les choses ont un autre goût. On a eu ça quand on était au Mexique aussi, où à un moment donné, on n'avait plus un bal. Donc, j'étais là avec mon meilleur ami, on était à Merida. On met sur le lit tout ce qui nous reste, enfin, on compte ce qui nous reste. On regarde et on dit, bon, qu'est-ce qu'on fait ? On prend le guide du retard, on a pris le meilleur resto et on a tout claqué. Orateur #2 Ah ouais ? #Laurent Et en fait, après ça, on était libre puisqu'on n'avait rien à perdre. On ne savait plus rien de plus. Et alors bon, le retour sur Mexico City était aussi un peu rock'n'roll. Orateur #2 J'imagine. #Laurent Mais voilà, on y est quand même arrivé. Mais ça nous a vraiment libéré aussi de se libérer de ce stress de l'argent. Et donc s'il n'y en a pas, ce n'est pas non plus dramatique. On s'en sortira, on trouvera une solution. Donc j'ai ce côté, d'un côté, je n'ai pas peur de tout perdre ou d'aller sans rien. Et de l'autre, c'est très construit. quand je fais un projet. #Keytrade Aujourd'hui, j'imagine que tu gagnes quand même un petit peu mieux ta vie qu'à l'époque où tu voyageais. Et qu'est-ce que tu fais aujourd'hui quand tu gagnes de l'argent ? Est-ce que tu es plutôt du genre à mettre de côté, épargner ? Ou alors tu l'investis dans des nouveaux projets, des nouvelles gammes de chocolat ? #Laurent Moi, je suis plutôt un gars de projet. S'il n'y a pas de projet, je m'ennuie. Par contre, par rapport à avant, la chocolaterie a toujours été en break-even. Les dix premières années, c'était plutôt une forme de kibout. C'était vraiment de l'autosuffisance. Et de toute façon, ça a toujours été très horizontal chez moi. Et l'argent a toujours servi à racheter des emballages, racheter des nouvelles collections. Orateur #2 Donc investir. Investir. #Laurent La seule chose que je fais maintenant, c'est que j'ai un matelas. J'ai un compte trésorier qui est suffisant et qui m'a beaucoup aidé pour traverser les attentats, pour traverser le Covid. Là maintenant, on a une deuxième crise d'énergie. Donc ce matelas m'aide. Normalement, il y a des travaux qui doivent arriver dans ma rue. On va transformer la rue en piétonnier. Mais il n'y a toujours pas de planning ou de rétro-planning. Donc on est nulle part. Donc là, ça va nous tomber dessus. Ça veut dire qu'on va perdre 30-40% des ventes pendant plusieurs mois. Donc ça aussi, il faut... #Keytrade Il faut en tenir compte. #Laurent Il faut en tenir compte, mais en même temps, je dois améliorer l'efficacité de mon bar. On va faire des travaux cet été. Je refais le show kitchen. Il y a des machines que je voudrais acheter aussi. J'ai un problème avec les machines. J'adore acheter des machines. Ah oui ? Oui. #Keytrade Tu en as beaucoup alors, du coup ? #Laurent Je cherche un psy qui se puisse aider à en acheter des machines. #Keytrade Ça peut se trouver. Ça peut se trouver. #Laurent Mais non, c'est... Non, maintenant, j'ai un fonds de trésorerie qui me permet de traverser plus facilement ces crises. Mais avant, je passais chaque année par le chat de l'aiguille. Et alors, j'ai appelé le fournisseur en disant, ne tirez pas sur l'ambulance. En septembre, on va faire 50% du chiffre de l'année en quatre mois. Donc, laissez-moi encore souffler deux, trois semaines, le temps que ça revienne. #Keytrade Est-ce qu'il y a une dépense où tu te dis, j'ai peut-être un peu exagéré sur cette dépense ? Je n'aurais pas dû. #Laurent Oui, j'ai fait un projet de restaurant qui a foiré. Là, je m'étais très mal entouré. Ça, c'était une erreur, par exemple. Excès de confiance. Mais sinon, non, parfois je me trompe dans des collections où j'ai une idée, je suis persuadé qu'elle est géniale. Et donc, je paye l'emballage, je paye les matrices, je paye les moules, le shooting photo. Donc, on dépense plus ou moins 15 000 euros. Et puis, en fait, c'est un flop total. on vend 300 boîtes. Donc voilà, ça c'est des erreurs aussi. Donc maintenant, j'ai appris à travailler avec les gens où on commande des étiquettes sur Vistaprint. #Keytrade Ok, tu as appris de tes erreurs en quelque sorte. Alors parlons maintenant d'argent et de famille, car souvent, les premiers apprentissages avec l'argent, selon moi du moins, ça vient de la famille. Il me semble que tes parents étaient indépendants. #Laurent Oui, #Keytrade c'est ça que je veux mettre. Finalement, dans ta famille, avec tes parents, est-ce que... L'argent, c'était un sujet tabou ? #Laurent C'était pas un sujet tabou. Enfin, j'ai deux sœurs. On n'a jamais manqué de quoi que ce soit. On a pu faire les études qu'on voulait. On a pu rater, recommencer, changer d'orientation. Donc on avait des parents qui étaient quand même vachement cools à ce niveau-là. Et non, en fait, du fait qu'ils étaient indépendants, il n'y avait pas d'heure de table. Les vacances, c'était un peu en fonction des résultats de papa. Et s'il n'y avait pas trop de sous, on allait de toute façon à l'ADEPSE faire des camps sportifs et on adorait ça. Non, ça n'a jamais vraiment été un tabou. C'était plus qu'on était enfant d'indépendant. Donc sans s'en rendre compte, en fait, on est indépendant par la suite. Oui, #Keytrade tout à fait. Est-ce qu'on peut dire que d'une manière ou d'une autre, tes parents t'ont appris à mieux gérer ton argent ou pas vraiment ? #Laurent Ils n'ont jamais été très intrusifs à ce niveau-là. Non, je pense que c'est une éducation qui se fait sans vraiment la formaliser. #Keytrade Parce que, par exemple, tu recevais de l'argent de poche de tes parents ? #Laurent Oui, sans recevoir de l'argent de poche des grands-parents. #Keytrade Des grands-parents. #Laurent Des grands-parents et des parents. Et ils nous ont aidés aussi pendant les études. C'est énorme comme dépense. Mais c'est vrai que depuis tout petit, on recevait la dringuelle. le jeudi quand on allait chez mes grands-parents. Ce qui était comique, c'est de voir un peu comment ma plus jeune soeur dépensait tout. Ma soeur qui est plus proche de moi en âge gardait tout. Donc elle était la première à pouvoir s'acheter un truc un peu cher. Et toi du coup ? Moi c'était plutôt moitié-moitié. #Keytrade Toi entre deux quoi. #Laurent Et la petite était là elle voulait pas encore me prêter des trucs. Elle achetait des bons bons. Donc ouais, il y avait un peu de ça mais... Ce n'était pas des sommes extravagantes. #Keytrade Parlons maintenant un peu de tes projets personnels. Derrière l'univers du chocolat, j'imagine qu'il y a aussi, on en a déjà un peu parlé, une véritable gestion financière stratégique. Quand tu lances un nouveau projet ou une nouvelle gamme de chocolat par exemple, est-ce que tu gères tout seul ou tu te fais entourer par des partenaires financiers ? #Laurent Des partenaires financiers ? #Keytrade Ou par des gestionnaires ? Non, #Laurent mais par exemple, mon fournisseur d'emballage, BSD, m'a vraiment aidé dans le financement de mes créations. Moi, j'adore faire des maquettes. Donc, je ne sais pas dessiner, mais les maquettes, ça, je me débrouille bien. Donc, c'est vraiment papier, ciseaux, colle, papier collant. Et donc, j'arrive avec mes maquettes chez eux et je fais les collections comme ça. Je pose les chocolats. J'essaie de faire vraiment un truc qui soit très visuel, très gourmand. Et ensuite, je vais chez eux, ils me disent « bon, c'est sympa, mais ça va être compliqué » . Et eux m'aident vraiment à financer les collections du côté de l'emballage, avec les accomptes, en fragmentant les paiements aussi. Et donc ça, ça m'a beaucoup aidé. Et puis je fais moins d'erreurs qu'avant aussi à ce niveau-là, dans les quantités en tout cas. Quand j'étais tout tout jeune, j'ai commandé, mon distributeur en Angleterre m'a dit « voilà, tu devrais faire des calendriers de l'avant » . On va t'en vendre des milliers, etc. Donc je commande 10 000 calendriers de la vente, je reçois le bon de commande, et il y en avait un. #Keytrade Un seul ? #Laurent Un seul. #Keytrade Ah oui. #Laurent Il me dit, oui, on a changé d'avis, finalement. #Keytrade Ah, d'accord. #Laurent Ou je pouvais en faire du mobilier moderne. Oui. Et donc, j'ai réussi à en vendre à quelques sociétés. Donc, ça a payé la facture de l'imprimeur. Mais après ça, je me suis retrouvé avec des palettes et des palettes. Et donc, on a essayé d'en vendre encore un peu. Après ça, j'ai dû virer le stock. Mais donc, oui, j'ai appris aussi à ne plus m'emballer outre mesure dans les trucs. #Keytrade Tu fais encore des calendriers de l'Avent aujourd'hui ? Oui, #Laurent mais on en recommande par 300. #Keytrade Ouais, apprendre de ses erreurs. Ce n'était pas vraiment une erreur de ta part en même temps. Dans ton parcours, est-ce qu'il y a eu des moments où tu as dû faire des choix financiers difficiles ? #Laurent Oui, quand j'ai ouvert la boutique à Ravenstein, de nouveau, excès de suppléments d'optimisme et d'enthousiasme. Donc, j'ai vraiment eu un coup de cœur pour le local. Donc je suis arrivé, c'était en pleine rénovation du Palais des Congrès. Et le bâtiment fait partie du Palais des Congrès. Et c'était 250 mètres carrés, casse-côtes, de la lumière de tous les côtés. Donc j'ai vraiment craqué et je me suis dit, les gens arrivent de la gare centrale, de la place royale, etc. Donc il va y avoir plein de monde. Et en fait, au niveau feng shui, pas du tout. Les gens vont à la gare centrale, vont à la grande place. Mais nous, on est entre les deux, du mauvais côté de la rue, si on veut. Après un an d'ouverture, je n'étais pas du tout dans mon plan financier. J'ai licencié tout le monde. Et recommencer à zéro, avec des stagiaires pas chers, faire des heures, et remonter la pente petit à petit. Ça arrive encore. #Keytrade Finalement, quand tu dois investir dans un nouveau projet, qu'est-ce qui guide tes décisions financières ? Tu es plutôt du style... Voilà, laisser place à ton impulsivité à ce niveau-là ? #Laurent J'essaie quand même de contrôler mon enthousiasme. Il vaut mieux parfois, #Keytrade oui. #Laurent Donc ça, avec l'âge, il y a un peu de sagesse quand même qui est arrivée. Non, je suis toujours très enthousiaste. Mais c'est vraiment ce qu'il y a de plus amusant dans l'entreprise, c'est les projets. Si c'est juste rester à faire un truc pépère. Non, m'amuser, c'est vraiment ça. M'amuser, faire des projets. #Keytrade Alors à propos de s'amuser, c'est maintenant l'heure du jeu du Tac au Tac. Donc je vais te poser des questions en rapport avec l'argent, ou alors pas du tout. Et à toi de me répondre plutôt rapidement au Tac au Tac. Tu peux étoffer si tu le souhaites également. On commence par, je ne sais pas si c'est quelque chose de simple ou pas, chocolat noir ou chocolat au lait ? #Laurent Chocolat noir. #Keytrade Épargner ou investir dans des projets ? #Laurent Investir. #Keytrade Créer une nouvelle recette ou améliorer une recette existante ? #Laurent Je vais plutôt créer. #Keytrade Tu crées beaucoup de nouvelles recettes chaque année ? #Laurent On n'en fait que quelques-unes. En fait, il n'y a pas vraiment de collection. C'est plutôt une collection permanente. De temps en temps, on fait des petites nouveautés pour Pâques et pour la Saint-Valentin. Mais quand une recette est bonne, elle reste dans le comptoir pendant 20 ans. Il y a des recettes qui auront plus de 25 ans. #Keytrade Aujourd'hui, repartir à l'étranger ou rester à Bruxelles ? #Laurent Non, Bruxelles et la campagne. Mais j'aime toujours aller à l'étranger, voir des amis. Mais j'ai plus de besoin d'expatriation que j'ai eu à l'époque, où quand je disais je reviens, pour moi ça voulait dire revenir à Shanghai, et pas revenir à Bruxelles. C'est un peu confus parfois pour mes amis. Non, je suis très très bien ici, on a une ville qui est fantastique, on a une qualité de vie dont on ne se rend pas toujours... Enfin, on doit aller à l'étranger pour s'en rendre compte. #Keytrade C'est vrai. Prendre un risque financier ou jouer la sécurité ? #Laurent C'est un mix des deux. C'est un mix des deux parce que là, j'ai 55 ans dans un mois. Je ne me vois pas arrêter de travailler, mais je n'ai pas envie de faire une grosse boulette comme j'ai pu en faire en terminant ma carrière. Je ne vais pas terminer ma carrière maintenant. Je ne sais pas jusqu'à quel âge je vais travailler, mais en tout cas, c'est un mix entre les deux. #Keytrade Très bien. Plutôt travailler seul ou en équipe ? #Laurent C'est impossible de travailler seul. C'est impossible. On a besoin d'une équipe, d'une bonne équipe, de les encourager, d'être avec eux. Non, il faut travailler en équipe, mais il faut vraiment bien s'entourer. C'est important, #Keytrade c'est sûr. #Laurent C'est le maître. #Keytrade Peut-être une petite dernière pour la route. Alors, lancer une nouvelle gamme audacieuse ou bien rester sur des valeurs sûres ? #Laurent Non, non, il faut de l'audace, il faut aller de l'avant. Il faut bien innover. En plus, aujourd'hui, on n'a pas d'excuses de... De dire qu'on n'a pas accès aux matières premières. Quand moi j'ai commencé, on avait trois chocolats. On avait un noir, un blanc, un lait. Et c'était tout, on faisait tout avec le moulage, l'enrobage, les recettes, les gâneries, tout. Aujourd'hui, on a 12 références en noir, 5 en lait. On a 50 ou 60 matières premières différentes. Donc, on n'a pas l'excuse de dire, voilà, on ne connaissait pas. Donc, non, non, il faut être audacieux et il faut créer toujours. #Keytrade Merci beaucoup, Laurent, d'avoir été avec nous, d'avoir partagé toutes ces petites anecdotes croustillantes. #Laurent Merci, Maurice. #Keytrade C'était un plaisir. Alors, dans le prochain épisode, nous découvrirons une nouvelle histoire. un autre regard sur l'argent. Merci en tout cas de nous avoir écoutés et à très bientôt pour un nouvel épisode de Mon Premier Salaire.