Les dangers d'un manque de connaissance de la bourse

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« Maman, Papa, chers parents et grands-parents, vous aviez joué la sécurité et vous êtes morts pauvres. Voici un texte mélancolique publié sous un dessin humoristique d'une misérable pierre tombale. Je l'ai vu il y a quelque temps au-dessus d'un article consacré à la soi-disant sécurité des obligations. C'est un conseiller en placements préoccupé qui s'exprimait. Il évoquait la situation d'un couple, âgé de 52 ans, qui a investi 80 % de leurs économies en obligations d'État. Rendement : environ 1 %. « Ils doivent souscrire d'urgence des actions, sinon ils ne pourront pas profiter sereinement du patrimoine qu'ils auront mis de côté », racontait-il. « Je me rends compte que leur tolérance au risque est faible. Je ne leur souhaite pas de fixer le plafond toute la nuit parce qu'ils paniquent. Mais je sais aussi qu'ils agiront de toute façon comme s'ils avaient 85 ans et qu'ils constateront qu'il ne reste pas grand-chose de leur épargne. »

C'est un dilemme pénible auquel de nombreuses personnes sont confrontées. L'article était publié dans un magazine américain mais l'histoire pourrait tout aussi bien se passer en Belgique. Le fossé psychologique entre les actions et les obligations est et reste (surtout ici) aussi profond que la Fosse des Mariannes. Constat d'une simplicité déconcertante : obligations = sécurité, actions = risque. Cher lecteur, il n'en est rien. À l'heure actuelle, les obligations sont, en moyenne, beaucoup plus risquées que les actions. C'est d'ailleurs le cas depuis des années.

En effet, les obligations sont ridiculement bon marché pour les emprunteurs (des entreprises doivent à peine payer des intérêts) et extrêmement chères pour les prêteurs (qui perçoivent à peine un intérêt). Les gens ne s'en rendent pas compte mais le taux d'intérêt correspond habituellement au prix de l'argent. Si, pendant de nombreuses années, vous avez confié votre argent à une entreprise ou à des pouvoirs publics et si, chaque année, vous recevez en échange un malheureux intérêt de 1 %, la transaction a été extrêmement onéreuse pour vous. Injuste même, car ce 1 % ne suffit même pas à compenser le coût de la vie qui augmente. En fait, vous vous appauvrissez d'année en année, tout simplement.

Parfois, vous ne touchez même pas ce malheureux pour cent. Parfois, c'est même vous qui rémunérez cette autorité car vous lui empruntez cet argent. C'est inconcevable et insupportable. Les histoires de sous sont souvent très passionnantes car nous ne savons jamais comment elles se terminent. Et bien, nous connaissons l'issue de celle-ci. La roue va tourner, l'intérêt va remonter et la valeur de toutes ces obligations diminuera fortement. Aux États-Unis, la situation est en train de se renverser depuis un moment déjà.

Chaque épargnant est limité par son profil. Les Belges ont, pour une grande majorité d'entre eux, un profil « défensif ». En principe, ils ne peuvent pas investir plus de 30 % en actions et doivent donc investir, au moins 70 % en revenu fixe, en cash ou en obligations. C'est le monde à l'envers : l'épargnant naïf et frileux se fait embobiner au téléphone avec des obligations au rendement hypothétique, tandis que le type « dynamique » peut (!) investir tranquillement dans des actions plus sécurisées. Si j'avais un profil d'épargnant défensif en Belgique, je passerais mes nuits à paniquer et à fixer le plafond. Du moins, si je réalise que je suis en train de gaspiller mes économies. La plupart des épargnants ne s'en rendent même pas compte. Ils gobent sagement ce que leur banquier leur propose. D'ailleurs, il ne leur propose pas toujours des obligations à faible rendement. Parfois, il s'agit même de produits qui ne correspondent pas à leur profil, voire pas du tout.

J'ai entendu récemment l'histoire d'une dame âgée de 86 ans qui a investi ses économies dans un produit d'une durée de 12 ans basé sur une corbeille d'actions : si la valeur ne serait-ce que d'une de ces quinze actions diminue de moitié pendant cette période, elle n'aura plus droit à un éventuel redressement boursier de la corbeille et elle ne récupérera sa mise qu'après douze ans – déduction faite de frais non négligeables. Douze ans ! Pour une personne qui, vu son âge, n'achètera même plus de bananes vertes.

Ce type de produit est réputé réunir le meilleur des deux univers : la garantie de capital et la jouissance des gains boursiers éventuels. Ce dernier aspect reste souvent à l'état de mirage. Et le premier, la garantie de capital, équivaut, après déduction des frais et de l'inflation, à une perte limitée de capital garantie. Personne ne souhaite ce type de produits, pourtant nous y investissons notre argent par naïveté. Tout ça parce que nous, les Belges, ne comprenons rien aux placements et que, par conséquent, nous en faisons tout un plat.

La solution est pourtant simple. Il n'est pas nécessaire de comprendre ces produits, il suffit de comprendre qu'il ne faut pas les acheter. Épargner efficacement ne se traduit pas par des instruments confus associés à une structure de coûts parfaitement obscure. Il faut, au contraire, privilégier la simplicité et la clarté.

C'est avant tout une question de force des intérêts composés. C'est surtout les jeunes qui devraient savoir que, s'ils ont une vue sur leur pension, chaque euro placé sur un compte d'épargne après 42 ans, ne vaudra pas plus de deux euros, tandis que le coût de la vie aura, lui, doublé. Autrement dit : avec des comptes épargne, vous n'épargnez rien du tout !

Ce même euro, investi judicieusement en bourse pour la même période, pourra facilement prendre de la valeur et valoir jusqu'à 50, voire 100 euros.

2 euros contre 100 euros, la différence est énorme. De plus, si vous commencez avec 5 000 euros, la différence sera encore plus importante : 10 000EUR contre 500 000 euros ! Ne parlons même pas d'une mise de 10 000 euros ? de 20 000 euros ?

Laissez aux jeunes l'occasion d'apprendre cette matière à l'école s'il vous plaît. Elle devrait être obligatoire dans l'enseignement secondaire.

Pierre Huylenbroeck est l'auteur de « Onsterfelijk beursadvies » (un ouvrage reprenant les meilleurs conseils boursiers de tous les temps) et de « Iedereen belegger » (la bible des petits investisseurs). Il est également l'éditeur du Mister Market Magazine, un magazine bimensuel en ligne pour apprendre à investir. Téléchargez gratuitement un numéro d'essai.

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