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Co-habitat : l’équilibre parfait entre vie privée et collectivité

Cet article a été publié:

28/06/2019

« Il existe plusieurs formes d'habitat collectif : la vie en communauté, le cohousing, la colocation... », expliquent Federico, Mia et Koenraad. « Avec le cohousing, chaque famille possède sa propre maison ou son propre appartement, avec tout ce que l'on peut attendre d'une habitation 'normale' : des chambres, une salle à manger, une cuisine, une salle de bains, des toilettes et, éventuellement, un petit jardin privatif. »

« Mais vous partagez aussi un espace commun - ou un étage dans le cas d'un immeuble - qui est accessible à tous les habitants. Généralement, il s'agit d'un grand espace de vie, d'une salle à manger, d'une grande cuisine, d'une salle de jeux ou d'une buanderie. Mais s'ils le souhaitent, les habitants peuvent évidemment mettre d'autres espaces en commun : des chambres d'hôtes, un sauna, un atelier, un espace de coworking, une salle de fitness, une piscine, un local de musique, etc. »

Dans la pratique, les cohousers ne partagent pas uniquement des briques et du gazon. Ils peuvent aussi s'échanger une voiture ou une brouette. Des jouets ou des outils. Des journaux ou des arbres fruitiers. Un barbecue ou des appareils de fitness. « Beaucoup de choses passent de main en main. Mais toujours dans le respect du matériel d'autrui », poursuit le trio. « Partager, c'est non seulement pratique et plus écologique, mais cela permet aussi de gagner de la place et de l'argent. »

Prix de groupe ?

En parlant d'argent... S'engager dans un projet de cohousing coûte-t-il plus cher que d'acheter un terrain et y construire sa propre maison ? « Non. Cela ne coûte ni moins cher, ni plus cher. Ce que vous pouvez éventuellement épargner (notamment parce que vous n'avez plus besoin de chambre d'ami, de garage ou de buanderie), vous le consacrez aux espaces communs et au jardin. Mais comme l'entrepreneur construit naturellement plusieurs maisons à la fois, vous pouvez éventuellement négocier un « tarif de groupe ». En outre, dans la plupart des projets, les futurs résidents mettent souvent la main à la pâte afin de réduire la facture », précisent Koenraad, Federico et Mia. « Vous ne vous lancez pas dans le cohousing pour l'argent, mais bien parce que vous êtes convaincu des avantages de cette formule. »

Et la vie privée dans tout ça ?

Les cohousers sont toujours fourrés les uns chez les autres et il faut manger ensemble tous les soirs. Adieu la vie privée ! Un préjugé qui a le don de faire rire Federico et Koenraad. « Lors de la conception d'un projet de cohousing, les architectes veillent toujours à ce que chacun puisse préserver sa vie privée. Non seulement vous possédez votre propre habitation, mais vous pouvez également facilement vous isoler si vous le souhaitez. Il y a toujours moyen de s'échapper », expliquent-ils en riant. « Mais comme vous connaissez tout le monde depuis le départ - et avez partagé ensemble les bons et les moins bons moments - vous pouvez vous permettre d'être franc. Vous tombez sur un autre résident dans le jardin commun et vous n'avez aucune envie de discuter ? Dans ce cas, vous n'avez qu'à lui dire : Désolé, vieux. Je n'ai vraiment pas envie de parler aujourd'hui. Jamais l'autre ne pensera : Et bien, mieux vaut l'éviter celui-là. »

-Vous souhaitez en savoir plus sur le cohousing ? L'ASBL Samenhuizen a mis en ligne un guide pour débutant(en néerlandais), dans lequel vous trouverez toutes les informations de base.

Entre rêve et réalité

Entre la première rencontre avec les candidats-cohousers et le moment où chacun reçoit ses clés, vous pouvez compter en moyenne 4 à 5 ans. « Un délai pas beaucoup plus long que lorsque vous faites construire votre propre habitation. Trouver un terrain, dessiner les plans, obtenir les permis, trouver les bons entrepreneurs, financer le tout... La construction d'une habitation privée prend généralement aussi du temps », soulignent nos trois interlocuteurs. Naturellement, il y a toujours des exceptions. Certains projets de cohousing sont prêts en deux ans, alors que d'autres peuvent durer plus de cinq ans.

Discussion avec la banque...

Auparavant encore relativement méfiantes, les banques sont aujourd'hui beaucoup plus à l'aise avec ce concept. « La structure juridique d'un projet de cohousing est généralement quasiment identique à celle d'un immeuble à appartements, à savoir une association de copropriétaires. Ce type de projet fonctionne, dans les grandes lignes, de la même façon : vous achetez non seulement votre propre appartement, mais également une partie du terrain à bâtir et des parties communes (ascenseur, couloir, cave, garage, etc.) », explique Federico. « Et si vous voulez vendre votre habitation, vous êtes tout à fait libre de le faire, et à n'importe quel candidat-acheteur. La décision ne doit donc pas être prise en commun. »

 


Federico

Federico fait partie des fondateurs du Cohousing Vinderhoute, un projet de 19 logements à Gand. Depuis 7 ans, il accompagne aussi d'autres projets de cohousing dans toutes leurs étapes. « Le cohousing n'existait quasiment pas en Belgique à l'époque. Une fois le projet sur les rails, l'idée est venue de mettre toutes les connaissances et expériences ainsi acquises au service d'autres initiatives de cohousing. »

« Pour moi, le principal atout réside dans le groupe, dont l'utilité se révèle dès la phase de démarrage. Dans l'équipe, il y aura toujours un as du bricolage et un spécialiste de l'administratif. Comme vous avez appris au fil des ans à vous connaître, dans les moments de joie comme dans les moments de peine, vous avez en fait l'impression d'être chez vous partout dans le quartier. Vous avez réfléchi, construit, ri et même râlé ensemble. Tous les résidents ne sont pas nécessairement devenus vos meilleurs amis, mais ce sont en tout cas de bons voisins. »

 


Mia

Mia a démarré avec son mari le projet De Okelaar à Wolvertem (Meise), dans un ancien couvent, qui avait également hébergé une école maternelle et une école primaire. « Depuis que je suis étudiante, j'ai toujours considéré cette manière de vivre comme naturelle. Lorsque j'ai rencontré mon mari en 2008, nous nous sommes rendus compte que nous nourrissions tous les deux le même rêve et nous avons donc décidé de nous lancer. »

« Notre projet est composé d'habitations à acheter ou à louer et de logements sociaux. Nos résidents forment un savant mélange de jeunes et de personnes plus âgées, de célibataires et de familles. Notre philosophie s'articule autour de trois piliers : social, écologique et spirituel. Par spirituel, je ne veux pas dire que nous méditons tous les soirs autour du feu. Mais bien que nous vivons en pleine conscience, dans le respect de la planète, de l'être humain et des convictions de chacun. La cohabitation - sous quelque forme que ce soit - peut parfois être source de conflits. Le pilier spirituel nous aide précisément à mieux gérer cet aspect. »

 


Koenraad

Koenraad était également à l'origine du projet de cohousing à Vinderhoute. « Lorsque j'étais étudiant, je louais déjà de grandes maisons de maître, que je louais ensuite à des amis. À 25 ans, l'heure était venue d'ouvrir un nouveau chapitre dans ma vie et ma partenaire et moi-même avons décidé de nous lancer dans un projet de cohousing. Quelques mois après avoir posté une annonce sur le site samenhuizen.net, nous étions déjà à table avec une dizaine d'autres candidats-cohousers. C'est ainsi que le projet Vinderhoute est né : un terrain de 1,2 hectare avec une septantaine de résidents, dont environ la moitié d'enfants. »

« Nous ne partageons pas uniquement des choses matérielles, mais également nos peines et nos joies, entre mariages et enterrements. Pour moi, le cohousing est également synonyme de luxe. Un exemple ? Nous allons conduire et rechercher les enfants à l'école chacun à tour de rôle. J'ai fait le calcul : ma partenaire et moi-même gagnons ainsi huit heures par semaine. Huit heures ! Besoin d'un baby-sitter ? La solution est également toute trouvée. »

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