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Or, liquidités et obligations d'État : des valeurs vraiment sûres ?

Cet article a été publié:

13/05/2019

En théorie, les valeurs sûres sont des placements qui conservent leur valeur en cas de turbulence sur les marchés. Ou dont la valeur n'augmente pas en cas de volatilité régnante. Les investisseurs se réfugient souvent auprès de telles valeurs sûres en cas de récession ou de crise annoncée. Ces valeurs sûres ne sont pourtant pas aussi exemptes de risques qu'on le pense parfois.

Mythe 1 : l'or est toujours un placement stable

La demande en or augmente souvent quand l'inquiétude monte sur les marchés financiers. Le 24 juin 2016 par exemple, l'annonce des résultats du référendum sur le Brexit a fait dégringoler les cours des actions et grimper le prix de l'or.

Les investisseurs ont tendance à considérer l'or comme une bouée de sauvetage parce qu'il s'agit d'un métal noble qu'une crise financière n'est pas capable de faire partir en fumée. De plus, l'offre en or ne peut pas se multiplier d'une pression sur un bouton, comme c'est le cas pour l'argent.

Pourtant, l'or n'est pas aussi stable qu'on pourrait le croire. Il peut même être très volatil. Son prix est en effet non seulement déterminé par l'offre et la demande, mais aussi, entre autres, par le cours du dollar américain.

L'or en tant que valeur sûre présente également une autre limite : il ne rapporte pas de revenus, contrairement aux actions qui génèrent un dividende, aux obligations et même à l'épargne. L'achat et la conservation d'or physique sont par ailleurs très chers. Même si l'on peut aujourd'hui investir dans de l'or sans coffre ou gardien : les trackers entre autres servent à cela.

Évolution du prix de l'or par once (28,35 grammes) – adaptée à l'inflation

Source graphique: macrotrends.net

Les barres grises sont des périodes de récession. Il en ressort que l'or n'est pas toujours la panacée en périodes de turbulences. À long terme, son rendement est en outre très fluctuant. Stable, l'or ? Non, donc.

Mythe 2 : Impossible de perdre de l'argent avec les liquidités

Les liquidités sont souvent considérées comme la valeur sûre absolue. Qu'il pleuve, qu'il vente ou pas sur la bourse : le rendement de l'épargne est stable et, dans une grande mesure, prévisible. De plus, nous bénéficions du régime du dépôt de garantie du Fonds de garantie en Belgique. Si votre banque fait faillite, ce système garantit un montant jusqu'à 100 000 euros par titulaire de compte et par banque. Vous avez placé 100 000 euros auprès d'une banque X et 200 000 euros avec votre conjoint dans une banque Y ? Ces 300 000 euros sont protégés.

Les liquidités présentent néanmoins un risque élevé : celui lié à l'inflation. En mars 2016, le rendement de la plupart des livrets d'épargne a chuté à 0,11 % en Belgique. Mais tandis que le rendement est au plus bas depuis des années, l'inflation augmente. Elle s’élève actuellement à près de 2 %. Lorsque vous payez par exemple 2 % de plus sur un an pour des chaussures neuves, un carton de jus de pomme ou un abonnement de téléphone, l'argent de votre épargne fructifie moins rapidement. La probabilité d'une forte reprise du rendement de l'épargne en Belgique dans les années à venir est en outre pratiquement nulle.

 

  Rendement de la plupart des livrets d'épargne belges Inflation d'une année à l'autre

mars 2019

0,11% 2,33%
mars 2018 0,11% 1,39%
mars 2017 0,11% 2,28%
mars 2016 0,11% 2,24%

 

Mythe 3 : le dollar, le yen et le franc suisse sont des devises prévisibles

En période de troubles, les investisseurs qui misent sur le marché des devises s'en remettent souvent au dollar américain, au yen et au franc suisse. L'USD est généralement le plus plébiscité. Ce phénomène est dû au fait qu'il s'agit de la devise la plus négociable, de l'envergure de l'économie américaine (la première au monde) et de son statut de devise de réserve internationale.

Évolution du taux de change EUR-USD

Source graphique : macrotrends.net

Bien que l'USD figure parmi les monnaies les plus sûres, sa valeur peut connaître de vigoureuses fluctuations.

Le yen fait lui aussi office de valeur sûre populaire : parmi les paires de devises qui génèrent le plus de transactions, le dollar américain occupe la première place, suivi par le yen. Un fait significatif au vu de l'inflation faible, de la stagnation économique de longue date et de la dette publique colossale du Japon. D'autre part, le yen est bien négociable et les investisseurs considèrent le Japon comme un pays sûr et stable.

Évolution du taux de change EUR-JPY

Source graphique : macrotrends.net

Ces 20 dernières années, la valeur du yen par rapport à l'euro a augmenté/diminué 14 fois de plus de 5 %.

Évolution du taux de change EUR-CHF

Source graphique : macrotrends.net

Le franc suisse bénéficie lui aussi du statut de valeur sûre. En période mouvementée, les investisseurs trouvent volontiers refuge dans des devises de pays neutres et stables, dont l'économie n'est pas très sensible aux évolutions internationales. La Suisse s'inscrit parfaitement dans ce scénario, même si sa devise est plutôt peu négociable.

Les Suisses ne sont pas ravis du statut de valeur sûre de leur monnaie . Une hausse du franc suisse sape la compétitivité des entreprises helvétiques. La banque centrale suisse est dès lors intervenue à plusieurs reprises déjà afin de faire diminuer la valeur du franc comme indiqué sur le graphique. Graphique : macrotrends.net

Les investisseurs qui placent leur argent dans des devises sûres ont donc intérêt à tenir compte des fluctuations potentielles.

Mythe 4 : les obligations – en particulier souveraines – sont sans risque

Quand on achète une obligation, on emprunte en réalité de l'argent à l'émetteur, généralement une autorité ou une entreprise. En échange, on reçoit un rendement (coupon) à échéances régulières. L'entreprise ou l'autorité vous rembourse le capital prêté à l'échéance de l'obligation.

Les obligations sont en général moins risquées que les actions. En cas de faillite, pour autant que des moyens subsistent, les créanciers ordinaires (tels que les fournisseurs) sont les premiers à être payés, suivis par les détenteurs d'obligations et seulement après les actionnaires.

Bien que les obligations d'entreprises soient considérées comme plus risquées que les obligations d'État, il arrive que certains pays (Grèce, Argentine, Venezuela...) ne soient pas en mesure de procéder au remboursement. Ce risque dit de contrepartie concerne donc également les obligations d'État.

Les obligations, tout comme l'épargne, sont aussi exposées à un risque d'inflation. Les obligations garantissent un certain rendement nominal. En retirant l'inflation de ce rendement nominal, on obtient le rendement effectif. Plus l'inflation est élevée, plus le rendement effectif sera faible.

Si vous investissez dans des obligations en devises étrangères, vous courez en outre un risque de taux de change. Il faut également tenir compte d'un risque de liquidité : le risque qu'un produit d'investissement ne soit pas négociable au moment et au prix que vous souhaitez. Cela peut être dû au fait que vous souhaitez vendre mais qu'aucun acheteur ne s'intéresse à votre investissement. Enfin, la notation des obligations peut également être revue, avec un changement de leur valeur à la clé.

Et maintenant ?

Investissez sur le long terme. Si des troubles sur les marchés vous retiennent d'investir, vous pouvez envisager de souscrire un plan d'investissement périodique (KEYPLAN). Vous pourrez ainsi répartir vos placements dans différents fonds et dans le temps.

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