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Dix règles de base pour connaître le succès à vie en bourse

Cet article a été publié:

20/02/2019

Le miracle des intérêts composés : c’est le secret de la réussite. Si un investisseur prudent parvient à réaliser un rendement annuel moyen de 12 %, au bout de 40 ans, il aura converti ces 10 000 euros annuels en une somme de 930 000 euros. Et la bonne nouvelle, c’est que nous pouvons tous y parvenir : pour ce faire, il faut seulement observer dix principes.  

Encore une bonne nouvelle : il ne s’agit vraiment pas ici de modèles sophistiqués, de montants importants ou de conseillers coûteux – bien au contraire. Tout tourne autour de la simplicité, de la détermination, de la persévérance, de la confiance et d’autres qualités que tout le monde peut cultiver. Vous trouverez tout ce dont vous avez besoin dans les dix principes ci-après.


1. Remplacez la porte tambour de la bourse par une porte sans poignée intérieure.

Quel dommage qu’on entre en bourse par une énorme porte tambour, plutôt que par une porte robuste dépourvue de poignée intérieure. Car combien de fois les investisseurs n’utilisent-ils pas cette porte tambour – et combien de fois ne le regrettent-ils pas ensuite ? Cette habitude coûteuse d’aller et de venir régulièrement est la raison principale pour laquelle il y a un tel fossé entre le rendement moyen à long terme de la plupart des indices boursiers (environ 7 % par an) et le rendement moyen des investisseurs (de 2 à 3 %). Ils sortent de la bourse dans l’espoir d’éviter les mauvais jours, mais ce faisant, ils se privent surtout des bons.

Ainsi, attendre le krach finit par coûter plus cher que le krach en lui-même. Ces dernières années, nombre d’épargnants belges n’ont pas osé acheter d’actions. C’est bien dommage, car les 268 milliards d’euros laissés sur les comptes d’épargne n’ont presque rien rapporté pendant la décennie écoulée. Sur la même période, mon portefeuille a obtenu un rendement de 293 %. Si la bourse s’effondre demain, il faudra une chute de 75 % pour me ramener à ma position de février 2009. Autrement dit : éviter la bourse pendant dix ans par peur d’un krach aura coûté autant à l’épargnant qu’un krach exceptionnellement destructeur de 75 %.

Cette règle d’entrée unique connaît une exception. Un type d’investisseur doit en effet y rentrer souvent : le débutant. N’achetez pas toutes vos premières actions en une fois : achetez-en par exemple une par mois, pour atténuer le risque de tout acheter au sommet d’un cycle.


2. Arrachez la mauvaise herbe, laissez pousser les fleurs.

Il se peut que vous ayez déjà entendu cette expression ad nauseam : « cut your losses, let your profits run ». C’est l’un des meilleurs conseils au monde – et c’est aussi celui qu’on néglige le plus souvent. Il vaut donc la peine de le répéter, encore et encore. Car quelle remarquable erreur fréquente que cette tendance à vendre beaucoup trop vite une action performante et à conserver beaucoup trop longtemps une action décevante !

Tout le monde comprend la métaphore de la mauvaise herbe et du bon grain : bien sûr, on n’arrache pas le blé, bien sûr, on ne cultive pas la mauvaise herbe dans l’espoir d’en tirer du grain… Pourtant, en bourse, nous ne pouvons pas nous en empêcher. Et pourquoi ? Parce que nous avons horreur d’admettre nos erreurs. Nous avions acheté de la mauvaise herbe en pensant que c’était du blé et au lieu de nous dire « tant pis », nous raisonnons : « peut-être que si j’attends assez longtemps, cette vilaine mauvaise herbe deviendra quand même un bel épi de blé… » Et trop souvent, que faisons-nous du blé ? Nous le vendons. La plupart du temps, c’est pour acheter de la mauvaise herbe à la place.

C’est d’autant plus regrettable que la bourse nous offre un avantage unique et des plus potentiellement lucratifs : à savoir, la loi des rendements asymétriques. Si vous investissez 1 000 euros dans une action, vous pouvez perdre au maximum 1 000 euros. En revanche, vous pouvez gagner beaucoup plus que 1 000 euros – ainsi, certaines actions voient leur valeur multipliée par vingt. Les gagnants extrêmes vous rapportent donc beaucoup plus que tout ce que les perdants extrêmes pourront vous coûter. N’est-ce pas l’argument suprême pour conserver, plutôt que de vendre, vos précieux grains de blé ?


3. Concentrez-vous sur le marché, pas sur l’actualité.

Les gros titres de l’été 2018 : le dynamisme de l’économie américaine, les bénéfices records des entreprises, la passion des grandes actions technologiques. La réaction des marchés : une montée en flèche. Les gros titres du quatrième trimestre de 2018 : la guerre commerciale, les relèvements des taux américains, le ralentissement de la croissance en Chine, le Brexit, la Bérézina italienne et un Donald Trump qui expulse tous les gens normaux de la Maison-Blanche. Le résultat : les bourses dégringolent. Les gros titres de janvier 2019 : le dégel des relations américano-chinoises et une suspension des relèvements des taux américains. La réaction : une montée en flèche.

Mais depuis l’été dernier, qu’est-ce qui a fondamentalement changé ? En fait, rien. Vous auriez pu vous épargner ces épisodes maniaco-dépressifs en vous concentrant tout simplement sur les nouvelles relatives aux actions de votre portefeuille.

Vous remarquerez en outre que 95 % des actualités n’ont aucune valeur en tant qu’indicateurs boursiers. Même les commentaires boursiers en eux-mêmes regorgent de liens de causalité douteux : par exemple, ce n’est pas parce qu’il y a plus de barbecues en Flandre les jours où il y a des embouteillages vers la côte que les embouteillages vers la côte provoquent une recrudescence des barbecues. Ou qu’un barbecue entraîne une hausse du trafic vers la mer.


4. Ce qui est bon marché peut devenir encore meilleur marché.

N’achetez jamais une action parce que son cours a atteint un niveau historiquement bas. Certes, l’action Nyrstar coûte actuellement quelque 0,35 euro, contre 35 euros il y a sept ans. Cela ne veut pas dire qu’elle est devenue cent fois plus attrayante en 2019. Contrairement à un mug ou à un paquet de serviettes de table, il ne s’agit plus du même produit : la situation financière de l’entreprise n’est plus du tout la même qu’en 2012, le marché a changé, les perspectives ont été sérieusement revues à la baisse.

Ne comparez donc pas le prix d’une action à son prix passé : comparez-le uniquement à la valeur que vous estimez équitable au temps présent.

Par ailleurs, une baisse des cours peut se montrer tenace. Et elle va souvent de pair avec une longue période de performances opérationnelles réduites. Warren Buffett a dit un jour, en parlant des premiers résultats trimestriels décevants d’une entreprise : « Il n’y a jamais qu’un cafard dans la cuisine. » Un malheur arrive rarement seul. D’ailleurs, c’est aussi le cas des bonheurs.


5. Les boules de cristal existent, mais on ne peut pas y lire l’avenir.

« Les cours de mes actions ont déjà considérablement monté. Ne serait-il pas judicieux de tout vendre maintenant, d’attendre le krach, puis de tout racheter à bon prix ? Si cette question vous turlupine toujours, malgré ma première règle sur les portes tambour, c’est que vous n’avez pas encore bien compris. Donc, pour être tout à fait clair : quoique le krach suivant soit certainement en approche, personne ne sait quand il arrivera. N’en tenez aucunement compte.

« Les cours de mes actions diminuent depuis si longtemps. Mieux vaut tout vendre, car le cataclysme est imminent… » Ce raisonnement aussi est fréquent, bien que ce soit exactement l’inverse du précédent. Cette fois, l’investisseur ne s’attend pas à ce que la tendance s’inverse parce qu’elle dure depuis si longtemps, mais à ce que la tendance se poursuive parce qu’elle dure depuis si longtemps. Lequel des deux a raison ? Le hasard tranchera. En tous cas, ils commettent tous les deux la même erreur : ils considèrent la bourse comme une voiture dont le pare-brise aurait été remplacé par un miroir. Ils s’imaginent que la meilleure façon d’aller de l’avant est de regarder dans le rétroviseur.


6. Plus l’investisseur est prudent, plus il a de succès.

Selon une théorie financière répandue, « Pour gagner gros, il faut risquer gros. » Pour les coureurs cyclistes qui veulent remporter le Tour de France et dévalent les flancs de montagne en véritables trompe-la-mort, c’est en effet une règle valable.

Pour les investisseurs, c’est tout l’opposé : qui s’engage à long terme évite de courir de gros risques et s’en tient en tous temps à un système aussi simple qu’efficace. Ainsi, il ne se brisera pas les os dans un ravin. Il restera en lice, où que soit la ligne d’arrivée, et obtiendra au final un rendement bien supérieur à celui du kamikaze qui doit renoncer en cours de route.

Il est essentiel qu’un investisseur sache ce qu’il fait, surtout lors des crises. Celui qui perd le nord, qui cherche des pistes dans les gros titres, celui-là oubliera de fixer l’horizon et deviendra nauséeux à force de sonder les crêtes et les creux des tendances du jour. Il va faire des erreurs, c’est évident. Dans un accès de panique, il vendra tout et quittera la bourse pour de bon ; ou alors, il perdra toute mesure et jouera tout ou rien pour récupérer au plus vite les pertes encourues.

Pour ma part, grâce à mon système et à ses limites d’achat et de vente, je ne dois pas en passer par là. Je me contente de faire ce que mon système me dit. Rien de plus facile.


7.  Faites du temps un allié plutôt qu’un adversaire.

Un investisseur peut facilement garder le cap sur de beaux rendements, à condition que le temps ne joue pas en sa défaveur.

Dès lors, les investissements qui impliquent une course contre la montre sont à éviter. Il s’agit par exemple des achats d’options, de turbos ou d’autres produits dérivés, quand ils ne servent pas à couvrir les risques. Il en va de même pour les ventes à découvert, à savoir, le commerce de titres qu’on ne possède pas dans l’espoir de les racheter à meilleur prix ; et surtout pour l’emprunt d’argent en vue de le placer, car après un certain temps, ce prêt doit impérativement être remboursé.

Toutes ces activités ont un point commun : elles reposent sur l’espoir que les cours évoluent suffisamment dans la bonne direction dans un laps de temps limité. En d’autres termes, vous vous livrez pieds et poings liés à la chance. Laissons de bon gré ce genre d’activités aux spéculateurs : sans turbos, shorts, butterflies et autres produits exotiques, l’investissement en actions est déjà assez passionnant en soi.


8. Achetez une action comme si vous achetiez l’entreprise tout entière.

La plupart des investisseurs se préoccupent plus souvent de la question de la vente que de la question de l’achat. Cela devrait être le contraire. La vente devrait aller de soi : vendez si une limite a été dépassée dans votre modèle d’investisseur ou, plus rarement, si l’entreprise ne satisfait plus du tout à vos exigences initiales. Dans tous les autres cas : ne vendez pas.

L’achat est plus épineux. Sur quelle action jeter votre dévolu ? Il n’y a pas de formule magique pour le savoir. C’est un mélange de calculs et de suppositions, sans garantie de succès. Je m’impose pour règle supplémentaire que l’action doit me faire envie pendant au moins trois mois. J’entrevois un bon parti ? Alors, ma prétendante reçoit un siège dans mon antichambre d’achat et doit pouvoir le conserver pendant trois mois. Je ne lui rends pas les choses faciles. Comme un avocat qui s’efforce d’anticiper tous les arguments de la partie adverse, j’essaie surtout de me convaincre de toutes les raisons de ne pas acheter l’action. De temps en temps, armé de ces arguments, je jette un regard critique dans l’antichambre : pendant tout ce temps, mon parti potentiel doit continuer à me paraître désirable.

Un achat doit donc être une occasion spéciale – un peu comme un mariage. Ou alors, imaginez-vous qu’en achetant l’action, vous reprenez l’entreprise tout entière. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire tous les jours, pas même tous les dix ans : vous n’êtes pas AB InBev. Pour vous, c’est donc une transaction unique. Vous vous engagez, ou pas ? Cette expérience de pensée vous oblige à peser soigneusement le pour et le contre, à considérer toutes vos options et surtout, à prendre votre temps avant de décider – en effet, cet achat va changer votre vie.

Évidemment, en bourse, la situation n’est pas aussi dramatique. Si malgré tout, les actions que vous avez achetées ne vous plaisent pas, vous pouvez vous en débarrasser d’un seul clic. Mais en vous persuadant que vous achetez toute l’entreprise, vous éviterez de préférence de faire ce que font tant d’autres personnes : elles achètent des actions pour des milliers d’euros comme si elles s’emparaient rapidement d’une dernière barre de chocolat à la caisse du supermarché, sans savoir de quelle marque ni de quel goût.


9. Ne devenez pas un mouton de Panurge.

 « Qui suit le troupeau, marche dans la bouse », selon un adage boursier merveilleusement imagé. Parfois, une image frappante vaut mieux qu’un long discours : vous y voyez-vous déjà, derrière un troupeau qui charge ? En bourse, c’est pourtant une scène quotidienne : j’achète, car un autre vient d’acheter. Pourquoi cet autre aurait-il raison ? Pour reprendre les mots de Léon Tolstoï, l’auteur d’Anna Karénine : « Les erreurs ne cessent pas soudain de l’être parce qu’une majorité les commet. »

C’est certainement vrai en bourse. Ce monde déborde de conformisme. Tous ceux qui veulent en faire partie tendent automatiquement à se comporter un peu comme leurs voisins. Rapidement, la réflexion critique en pâtit ; et on en retire surtout l’impression dangereuse que la conviction du groupe est par définition la bonne. Des centaines de milliers de moutons ne peuvent quand même pas tous se tromper en même temps, si ? Eh bien, si. La plupart du temps, ils se trompent – contrairement aux moutons noirs. L’argent a tendance à passer du grand au petit nombre. À long terme, la majorité s’appauvrit : veillez donc à être en minorité.

Bien sûr, vous pouvez écouter des conseils. Mais ne vous laissez pas trop facilement convaincre ! Étudiez les arguments avec soin et faites en sorte de vraiment y croire avant d’effectuer une transaction. Après tout, c’est la vôtre, pas celle du voisin. Et n’oubliez pas que le conseil que vous venez d’entendre est basé sur les informations du moment. Le lendemain, les arguments pourraient déjà avoir été balayés.

Il y a une autre raison, encore plus importante, de ne pas réagir aveuglément aux « bons tuyaux » : c’est que les investisseurs qui rejettent la responsabilité de leurs actes sur autrui adoptent une position intellectuelle trop faible pour réussir à long terme. Ils sous-traitent le travail de réflexion, ce qui les empêche souvent de comprendre ce qui se passe, ce qui les laisse dans l’incertitude. Ils sont trop émotifs : ils espèrent, et si les choses tournent mal, leur espoir se change en colère. En revanche, les bons investisseurs laissent leurs émotions, l’espoir comme la colère, à la porte. Faites-en autant.


10. D’abord et avant tout, investissez en vous-même.

Comme Buffett aime à le dire : « Vous êtes votre bien le plus important. Investissez donc autant que possible en vous-même. » C’est-à-dire, investissez dans votre développement personnel : faites fructifier vos talents, lisez, écoutez, apprenez. Essayez chaque soir de vous coucher moins bête, pour reprendre les termes du malin Charlie Munger. Le retour sur investissement peut s’avérer phénoménal. Autre avantage non négligeable : personne ne pourra vous en priver ! Personne ne pourra vous taxer sur ces bénéfices-là.

Investissez aussi dans votre bien-être. Les bons investisseurs sont des gens heureux, et vice versa. Ce sont les optimistes qui croient en un avenir meilleur ; un pessimiste ne peut pas atteindre 12 % de rendement annuel sur 20 ans, cela ne s’est jamais vu. Car le pessimiste voit le danger partout, vend beaucoup trop vite, et est souvent trop cynique pour voir le beau côté des nombreuses entreprises cotées en bourse qui enrichissent notre petit pays.

 

Pierre Huylenbroeck est l’auteur de « Onsterfelijk beursadvies » et de « Iedereen belegger ». Il est également l’éditeur du Mister Market Magazine, un magazine bimensuel en ligne pour apprendre à investir. Téléchargez gratuitement un numéro d’essai.


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