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Investir dans des actions belges : trop is te veel ?

Cet article a été publié:

20/09/2021

En pleine crise du coronavirus, vous l’aurez certainement remarqué : « achetez belge » est devenu la devise de nombreux magasins et supermarchés. En effet, c’est bon pour notre économie et cela réduit bien sûr aussi notre empreinte écologique. Mais pour les investisseurs, il est rarement judicieux d’acheter belge autant que possible.


  • 1. Trop peu de diversification internationale

    Dans le monde entier, il y a plus de 40 000 entreprises cotées en bourse. Parmi ces entreprises, environ 170 sont cotées sur la bourse belge, ce qui représente moins de 0,5 % du total. Dès lors, si vous n’achetez que des entreprises cotées chez nous, vous vous exposez à un risque de concentration élevé.

    Voici pourquoi : même si certaines de ces entreprises belges sont présentes dans le monde entier (pensez à AB InBev ou à la holding Sofina) ou dans une partie de l’Europe (comme Xior ou Cofinimmo), d’autres mènent exclusivement leurs activités en Belgique (Proximus, Telenet Group, Home Invest Belgium). Si l’économie belge, celle de nos pays voisins ou celle de l’Europe se porte moins bien, vos investissements noir-jaune-rouge pourront avoir du plomb dans l’aile.


  • 2. Déséquilibre sectoriel

    Sur le plan de la répartition sectorielle aussi, si vous n’investissez que dans des entreprises de chez nous, vous courez un risque de concentration. Supposons que vous investissiez dans le Bel20, les 20 plus grandes entreprises belges entre autres en termes de capitalisation boursière. Dans ce cas, votre exposition au secteur technologique sera (à peine) de 1,25 % (avec Melexis). À titre de comparaison, si vous investissez dans l’EuroStoxx 600 (les 600 plus grandes entreprises européennes en capitalisation boursière), vous y investirez à 7,7 %. Enfin, si vous investissez dans le S&P500 (les 500 plus grandes entreprises américaines en capitalisation boursière), vous tombez dans l’extrême inverse avec une pondération du secteur technologique de 27,8 % (au 31 août 2021).

    Autrement dit, investir dans différentes régions vous permet de mieux diversifier les risques propres à certains secteurs. Cela vous évite de sur- ou sous-exposer votre portefeuille à l’un ou l’autre secteur.


  • 3. Plus d’actions cycliques

    Un autre risque de concentration réside dans le type d’actions cotées sur nos marchés. En Europe (et en partie en Belgique), les actions cycliques sont prédominantes, avec une forte représentation des banques et des constructeurs automobiles, entre autres. Par conséquent, vous détiendrez principalement en portefeuille des entreprises qui se portent bien si l’économie se porte bien, mais qui stagneront si l’économie tourne au ralenti.


  • 4. Risque de concentration pour l’ensemble de votre patrimoine

    Vous travaillez pour un employeur belge, vous possédez un logement en Belgique et vous investissez principalement dans des entreprises belges ? Si vous investissez à la fois votre capital humain et votre capital financier sur le même marché, vous vous exposez au risque d’une « double pénalité ». Imaginons qu’une crise économique vous fasse perdre votre emploi, tout en réduisant fortement la valeur de votre portefeuille… C’est une autre raison pour laquelle il est judicieux de ne pas investir seulement en Belgique et en Europe.


Pourquoi les investisseurs sont-ils sujets au biais national ?

Dans un lointain passé (avant Internet), le « patriotisme » des investisseurs s’expliquait par une raison simple : il était souvent difficile d’avoir accès à des informations fiables. Il était plus logique d’acheter principalement des actions d’entreprises que l’on connaissait et sur lesquelles on pouvait obtenir le plus d’informations. Aujourd’hui, ces barrières à l’entrée sont en grande partie levées (même s’il est fort possible que votre moteur de recherche filtre les informations selon votre région ou votre historique de recherche).

Une autre cause du biais national est d’ordre plus financier et technique. Par exemple, pour investir dans des actions japonaises et américaines, vous devez d’abord convertir vos euros en yens et en dollars. Lorsque vous revendez vos placements, vous devez reconvertir les revenus en euros pour pouvoir les dépenser. Toute l’opération implique donc un risque de change. En outre, les frais de transaction pour les actions étrangères sont souvent plus élevés que pour les actions nationales ou européennes.

Et si vous investissez dans des actions étrangères qui distribuent des dividendes, il est possible que vous soyez imposé(e) deux fois : une première fois à la source, dans le pays d’origine, et une deuxième fois en Belgique (certaines conventions préventives de la double imposition existent toutefois pour y remédier).

En somme, investir uniquement en Belgique ou dans votre devise peut vous simplifier les choses ; mais ces avantages ne compensent pas entièrement les inconvénients et les risques.

Le biais national, une réalité boursière ?

Ironiquement, le biais national est un phénomène… international. Les investisseurs belges ont un faible pour les actions belges (il suffit de regarder les actions les plus négociées chez Keytrade Bank). Les investisseurs français privilégient les actions françaises. Les investisseurs japonais, les actions japonaises… etc. Investir dans des entreprises que l’on utilise ou que l’on connaît au quotidien peut être rassurant, voire une source de fierté. Mais cela peut aussi donner un faux sentiment de sécurité.

Une étude de Vanguard de 2021 montre à quel point le biais national peut être une réalité boursière de poids. Un exemple ? Alors que la pondération de la France dans l’indice MSCI World est de 3,36 %, le portefeuille d’un investisseur français se compose en moyenne de 22,8 % d’actions françaises. Les investisseurs français détiennent donc en portefeuille 6,8 fois plus d’actions françaises que la « norme ». Dans certains pays, le biais national est encore plus important : en Allemagne (x 7,8), en Suisse (x 10,8), au Canada (x 16,7), en Australie (x 30) et en Italie (x 31,3).

Comment vous prémunir contre le biais national ?

En soi, il n’y a rien de mal à mettre une touche de patriotisme dans votre portefeuille. Mais « trop is teveel » : le biais national peut exposer votre portefeuille à des risques trop élevés et à une volatilité accrue, tout en vous faisant perdre des opportunités.

C’est pour cela qu’il est conseillé de commencer par vous constituer une base d’investissement diversifiée avec des actions d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie. Vous pouvez ensuite compléter votre portefeuille avec des actions de pays émergents d’autres régions (Amérique latine et Afrique) et/ou avec des actions belges, ou encore avec des placements thématiques. En optant pour un tracker ou un fonds d’investissement, vous pouvez d’ailleurs facilement répartir votre portefeuille à travers diverses régions sans devoir acheter des centaines d’actions différentes.


 


Cette communication ne contient ni un conseil d’investissement ou recommandation, ni une analyse financière. Aucune des informations contenues dans cette communication ne doit être interprétée comme ayant une valeur contractuelle d’aucune sorte. Cette communication n’est produite qu’à des fins indicatives et ne constitue en aucun cas une commercialisation de produits financiers. Keytrade Bank ne pourra être tenue responsable des décisions prises sur la base des informations contenues dans cette communication, ou de son utilisation par un tiers. Avant d'investir dans des instruments financiers, veuillez-vous bien informer et lire attentivement le document Aperçu des caractéristiques et risques essentiels des instruments financiers que vous trouverez dans la section Formulaires et documents sur keytradebank.be.

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